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Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

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Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par Lya le Sam 31 Jan 2015 - 23:07

Les Kitsune




Les kitsune sont des esprits-renard que l’on retrouve dans la mythologie japonaise.


Étymologie


L’étymologie du mot Kitsune reste floue, et plusieurs hypothèses ont été émises.

L’une des plus communes est issue d’une légende.
Au VIème siècle, un homme de la région de Mino rencontra une femme dans les champs. Elle était si belle qu'il lui demanda de l’épouser. Elle accepta et ils eurent rapidement un fils, alors même que leur chien mettait bas. Leur vie était paisible, si ce n’est que le chiot aboyait incessamment sur l’épouse. Elle supplia son mari de le tuer, mais l’homme ne put s’y résoudre.
Un jour, alors que le chien la harcelait avec encore plus de véhémence, la femme se transforma soudainement en renard, sa véritable forme, et se jucha en haut d’une barrière. Elle voulut s’enfuir mais son mari, bien que surpris, éprouvait un amour si profond pour elle qu’il lui dit qu’il ne l’oublierait jamais, et qu’il souhaitait qu’elle revienne la nuit afin qu’ils puissent dormir ensemble, ce qu’elle fit. Chaque soir, elle le rejoignait sous forme humaine pour dormir dans ses bras ; chaque matin, elle repartait sous forme de renard.
Son nom, et ainsi que celui de tous les renard au japon, devint Kitsune, puisque dans le japonais traditionnel, "Kitsu-ne" signifie "revient et dors" et "Ki-tsune" veut dire "revient toujours".

Tsukioka Yoshitoshi - La renarde quittant son enfant

L’autre hypothèse se base sur l’idée d’une onomatopée formée de "kitsu", qui fait référence au jappement du renard (dans l’ancien japonais, puisqu’actuellement ce glapissement est traduit par kon-kon, ou ken-ken), devenu par la suite le terme général pour désigner l'animal et "ne", utilisé pour exprimer un sentiment affectueux.

Wikipedia propose également d’autres explications :

Parmi les suggestions étymologiques qui n'ont pas fait de consensus général, se trouvent :
- Myōgoki (1268) suggère qu'il est appelé ainsi parce qu'il est « toujours (tsune) jaune (ki) ».
- au début de l'époque Kamakura, Mizukagami indique que cela signifie « venu (ki) [particule d'aspect perfectif tsu] à la chambre (ne) dû à la légende qu'un kitsune prendrait l'aspect de la compagne d'un homme et porterait ses enfants ».
- Arai Hakuseki dans Tōga (1717) suggère que ce ki signifierait puanteur, tsu serait une particule possessive, et ne serait en relation avec inu, le mot désignant le chien.
- Tanikawa Kotosuga dans Wakun no Shiori (1777–1887) suggère que ce ki signifierait jaune, tsu serait une particule possessive, et ne serait en relation avec neko, le mot désignant le chat.
- Ōtsuki Fumihiko dans Daigenkai (1932–1935) propose l'explication selon laquelle kitsu serait une onomatopée pour un animal, et que ne serait un affixe ou un mot honorique signifiant serviteur d'un sanctuaire d'Inari.


Origine géographique et mythologique

Il semblerait que la notion de kitsune ne soient pas japonaise à l’origine. Elle dériverait des Huli Jing (狐狸精) , femmes renardes chinoises, ou des Kumiho/Gumiho coréens, qui descendraient eux-mêmes des Rakshaka indiens. Ces types d’esprits sont généralement considérés comme néfastes.

     - Les Huli Jing, issus de la mythologie chinoise, sont des démons renards qui auraient, après des centaines d’années de méditation, acquis des capacités de métamorphose. Ils étaient originellement considérés comme de bon augure, mais les histoires les concernant ne sont pas pour autant positives. Ils peuvent se transformer en humain, majoritairement en belle jeune femme.
La plupart des histoires concernant des renards chinois sont érotiques. Les renards (peu important leur sexe initial) se transforment en femme pour avoir des relations sexuelles avec des hommes qu'ils trompent par leur métamorphose. Par ce biais, ils leur volent leur essence vitale au cours de l'orgasme, ce qui leur permet de devenir immortels (succubat - incubat)
En effet, les renards sont considérés comme étant yin par nature, vivant la nuit et se cachant le jour. Ils ont donc besoin de l'énergie yang contenue dans la semence des hommes afin de s'équilibrer et de pouvoir avancer spirituellement.

Illustration représentant un huli jing

A l’origine, le renard à neuf queues était un symbole de bon augure en Chine. Signe d’immortalité, ce sont des renards célestes dorés, âgés de mille ans. Néanmoins, ils sont également réputés dévorer les hommes, et ils auraient même causé la chute de certaines dynasties. D’autres contes décrivent toutefois des renards plus compatissants, souhaitant simplement expérimenter certaines émotions comme l’amour ou le bonheur, même si une fois leur nature découverte ils seront chassés ou punis.
Ainsi, si les renards chinois ne sont pas totalement mauvais, il n'en reste pas moins que leur seul intérêt pour les humains est de type sexuel, et qu'ils peuvent, de ce fait, épuiser les humains.

(pour aller plus loin, voir Arrow ici)

     - Les Kumiho, quant à eux, sont des renards à neuf queues, considérés comme démoniaques. Ils sont l’équivalent des succubes, dont les seuls objectifs sont le pouvoir et la mort. Ils peuvent se transformer à volonté, là aussi en belle jeune femme afin de séduire des hommes, et ils dévoreraient leurs victimes (selon les légendes, leur cœur ou leur foie, mais aussi leur énergie vitale). Il ne s’agit pas simplement d’une créature aimant jouer des tours, mais d’une créature réellement maléfique.

Voici un conte illustratif cité dans The Fox and the Jewel, de Karen Smyers.
Une nuit, cent garçons dormaient paisiblement dans un pensionnat de campagne. Le plus jeune se réveilla, et vit une jeune femme embrasser l’un de ses compagnons avant de le laisser retomber sur son lit, mort.
Il se cacha, tandis qu’elle réservait le même sort à tous les autres garçons. Alors qu'elle avait pris la vie des 99 autres garçons et repartait, le plus jeune la suivit discrètement jusqu’au cimetière, alors que le coq se mettait à chanter. Elle se retrouva soudainement face à lui, souriante, et lui pris la main avant de tenter de l’embrasser. Il réalisa qu'elle était une sorte de démon, peut être un renard, et tenta de se dérober, se souvenant du sort de ses infortunés compagnons. Néanmoins, elle réussit à sceller leurs lèvres de force, et fit passer un joyau de sa bouche à celle de l’enfant, incessamment. A chaque aller-retour, le garçon pâlissait, elle absorbait sa force vitale.
L'enfant se souvint que si on avalait le joyau d'un renard, et qu'on regardait le ciel, on pouvait acquérir la sagesse divine. Lorsque le kumiho refit passer le joyau dans sa bouche, il l'avala, mais il regarda en bas au lieu de regarder en haut, et n'acquit que la sagesse terrestre. Alors qu'il se mettait à tousser, le renard disparu.
Lorsqu'il revint chez lui, il sut ce qui s'était passé, grâce à sa sagesse nouvellement acquise, mais personne ne le crut. Les adultes le suivirent tout de même jusqu'au cimetière, et virent un renard à neuf queues portant une robe qui s'échappait d'un caveau. Les villageois réussirent à le tuer, et découvrirent qu'il avait creusé des tunnels pour rejoindre les tombes, et dévoré les corps qui y étaient déposés.

(pour aller plus loin, voir Arrow ici)

Néanmoins, selon Arrow Wikipedia :
Il y a un débat sur l'origine des mythes du kitsune : sont-ils en totalité originaires de sources étrangères ou une partie provient d'un concept indigène japonais datant du Ve siècle av. J.-C ? Le folkloriste japonais Kiyoshi Nozaki argue que les Japonais considéraient le kitsune de manière positive dès le IVe siècle après J.-C. ; les seuls éléments importés de Chine ou de Corée étaient les attributs négatifs du kitsune. Il affirmait que, selon un recueil du XVIe siècle nommé le Nihon Ryakki, les renards et les humains vivaient côte à côte dans le Japon ancien, et il soutient que les légendes indigènes concernant les créatures sont apparus par la suite. L'universitaire Karen Smyers remarque que l'idée d'un renard séducteur et le lien entre les mythes des renards et le Bouddhisme ont été introduits dans le folklore japonais à travers des histoires chinoises similaires, mais elle maintient que certaines histoires de renards contiennent des éléments propres au Japon.


Les différents types de kistune


Le terme de kitsune est un terme global utilisé pour les renard, peu importe qu'ils soient "bons" ou "mauvais". Néanmoins, il en existe plusieurs types, chacun possédant une appellation propre.

Le Inari Ōkami Himon (稲荷大神秘文, “L'Incantation Secrète d'Inari Ōkami”) énumère cinq types de kitsune :

- Tenkō (天狐) Les renards célestes. Il s'agit de kitsune qui ont atteint les 1000 ans, que l'on considère généralement comme ayant neuf queues, et parfois une fourrure dorée. Ils sont parfois considérés comme mauvais, comme Tamamo-no-mae, ou bienveillants et sages lorsqu'ils sont au service d'Inari.
- Chikō : Les renards terrestres.
- Kukō : les kitsune de l'air. Ils apparaissent sous forme de vent et pourraient faire apparaître de la brume, du brouillard, ou des illusions. Ils sont réputés être malveillants et retords.
- Shakkō : les renards roux, équivalent du kitsune ordinaire. Ils peuvent être considérés comme bons autant que mauvais.
- Byakkō (白狐) : les renards blancs (à différencier des renards polaires, ou hokkyokugitsune)
Le blanc est une couleur de bon augure au Japon, considérée comme étant porte-bonheur lorsqu’il s’agit d’animaux. Elle est généralement utilisée pour représenter le sacré.
Les Byakko sont des renards blancs, généralement présents par deux, messagers d'Inari qui lui apportent les prières des dévots et leurs amènent la réponse en un clin d’œil. Ils peuvent également aider physiquement ceux qui ont la foi, se plaçant sous leurs pieds pour les aider à escalader le mont Inari lors des pèlerinages. Ils sont parfois vénérés (voir ci-dessous).
Il est dit que certaines personnes retrouvent des poils blancs sur leurs vêtements ou près de leur autel, sans avoir d'animaux de compagnie. Il s'agirait du signe que les byakko sont bien présents (voir The Fox and the Jewel, p107)


Kitsune peints sur un tomesode

Daniel Crump Buchanan a également établi dans Inari: Its Origin, Development, and Nature une liste des noms et des grades des kitsune.

- Kitsune (狐) le nom ordinaire pour les renards.
- Byakko (百狐) "Renard blanc", type de renard lié à Inari-sama (voir ci dessus).
- Genko (黒狐) "Renard noir", dont l’apparition est de bon augure, tout comme les renards blancs.
- Shakko (赤狐) "Renard roux", qui est également de bon augure.
- Kwanko "Renard tube", également prononcé "Kuda-gitsune. Il s’agit d’un petit animal qui peut être mis dans un contenant cylindrique (“pipe” en anglais) tenu dans la main, et utilisé par un Yamabushi (ermite des montagnes) pour la sorcellerie. Cette appellation se retrouve à Shizuoka, Nagano, et Yamanashi. Dans le Kanto, on les appelle Osaki, et Ninko à Izumo. D'après les descriptions, ils ne ressembleraient pas réellement à un renard, mais plutôt à une sorte de petite belette.
- Osaki-gitsune "Renard d’Osaki", petit animal du Kanto, assimilable aux Kwanko, également utilisé par les Yamabushi.
- Kuko (空狐) "Renard aérien", réputé être semblable aux "Tengu" (gobelin) et souvent considérés comme extrêmement malveillants.
- Jinko (人狐) "Renard humain". Ces renards peuvent prendre la forme d’humains. Il peut également s’agir d’humains ayant la capacité de se transformer en renards.
- Reiko "Renard surnaturel", démon puissant, particulièrement doué pour ensorceler les hommes.
- Tenko (天狐) "Renard céleste", qui vole comme les oiseaux et peut également être un Tengu.
- Koryo "Le renard fantôme", qui adore ensorceler les hommes.
- Yakan "Le gardien des champs", probablement le pire des renards, aussi terrifiant que dangereux.
- Kiko Myojin "Le vénérable et éclatant dieu Renard". Messager d’Inari, et renard du plus haut niveau.
- Choko "Le chef des renards", également prononcé "Osa-gitsune". Il s’agit du Roi de tous les renards japonais, descendant de Kiko Myojin.
- Kyubi-no-kitsune (九尾の狐) "Le renard à neuf queues", qui est un animal de bon augure.
- Myobu "La courtisane", un renard vénéré au Mont Inari.
- Tome "La vieille Dame", un renard vénéré au Mont Inari.
- Toka "Celui qui transporte le riz", qui peut être lu "Inari". Il s’agit d’un renard, divinité originelle de la montagne.
- Kotai "Le régiment des renards". Il s’agit d’un groupe de renards pouvant apparaître comme un régiment militaire.
- Yako (野狐) "Le renard des champs", grade le plus bas pour les renards. Cette appellation se retrouve particulièrement à Kyushu.
- Yorikata "Les assistants", grade un peu plus élevé que les renards des champs.
- Shuryo "Chef", plus haut grade pour un renard.

Selon les régions et folklores, on pourrait ajouter :

- Les Nogitsune : appelés également kitsune sombres. Ils ne sont pas associés à Inari et représenteraient la seconde classe de Kitsune supérieurs de part leur liaison à l'élément du vide. Ils seraient des kitsune malveillants, malicieux et prompts à jouer des mauvais tours.
- Les yōko (妖狐), qui seraient l’équivalent des Huli Jing, esprits malveillants.

Cette liste permet d'entrevoir une forme de classement et de gradation entre les kamis. Cette idée est confirmée par Nakai Shigeno, une dai contant son histoire à Anne Bouchy, dans Les oracles de Shirataka.
Parmi les Renards, il y a des Byakko : les renards blancs, il y en a d'autres châtain clair, d'autres de couleurs mélangées. Shirataka san n'a pas l'air complètement blanc. Sa queue, sa tête sont complètement blanches, mais quelque part aux pattes ou sur le ventre, il reste une petite tache de brun clair. Bien sur, plus le renard est blanc plus son rang est élevé. Mais aujourd'hui il a pris de l'âge, il doit être entièrement blanc !  [...] C'est cette différence d'âge qui permet d'expliquer qu'il y a des kamis supérieurs à d'autres. Leur âge correspond à la date, à l'ancienneté de leur première apparition chez les hommes.
[...] Il y a donc des différences d'âge et de rang entre les kamis, mais aussi de nature.


Les kistune, yokais ou kamis ?

Motoori Norinaga propose une définition du terme kami : "Tout être qui possède certaines qualités éminentes sortant de l'ordinaire, ou qui est impressionnant de nature, est appelé Kami".
Dans le Kojikiden, il précise : "De manière générale, le terme de kami fait en premier lieu référence à la multitude de kami de la terre et des cieux auxquels les anciens classiques font référence, et aux esprits (mitama) des sanctuaires qui leur sont consacrés. Cela fait référence par extension à tous les autres êtres fascinants - des personnes évidemment, mais aussi des oiseaux, animaux, herbes et arbres, même l'océan et les montagnes - qui possèdent des pouvoirs sans pareil qui ne se trouvent pas habituellement dans ce monde. Sans pareil ne fait pas ici simplement référence à la noblesse, bonté ou virilité, étant donné que des êtres malveillants et étranges, s'ils inspirent une révérence inhabituelle, sont également appelés kami."

Selon wikipedia, "Le mot yōkai est composé des kanji 妖, « attirant », « ensorcelant » ou « calamité », et 怪, « apparition », « mystère », « méfiant ». Ce terme désigne un « être vivant, forme d'existence ou phénomène auxquels on peut appliquer les qualificatifs extraordinaire, mystérieux, bizarre, étrange et sinistre»".

Si l'on suit ces définitions, tous les kitsune sont des kamis, mais ils ne sont pas tous des yokais. Hearn fait une distinction entre les O-Kitsune-San et les renards sauvages, simples Kitsune. C'est peut être cette frontière qui marque la différence entre kami et kami/yokai.
De plus, certains (occidentaux particulièrement) voient en les kitsune des kamis pour de "mauvaises raisons", en confondant plusieurs principes. Dans certains articles, on les présente comme étant Inari, la divinité shinto de l’agriculture, de la fertilité et de la richesse. Néanmoins, cette idée est fortement controversée, et unanimement déniée par les prêtres. Donc oui, ce sont des kamis, mais simplement parce qu'ils correspondent à la définition susmentionnée, et pas parce qu'ils sont une "divinité du panthéon japonais", que l'on peut retrouver nommée dans les livres et qui est vénérée dans de nombreux sanctuaires et temples.

Toutefois il est avéré que certains kitsune sont vénérés en tant que tels. Les morceaux d'étoffes de couleur qui entourent le cou des renards sont d'ailleurs des offrandes votives à leur encontre, et de très nombreuses offrandes d'Inari-zushi (poche de tofu frit remplie de riz) leurs sont adressées dans les sanctuaires d'Inari, étant donné que c'est réputé être la nourriture favorite des kitsune. (D'ailleurs, on peut noter que ce type d'offrande n'est jamais réalisé par les prêtres, ce qui pourrait être expliqué par leur volonté de dissociation d'Inari et des Kitsune depuis l'ère Edo, lorsque lorsque le Shinto s'est vu purgé de ses éléments animistes et "primitifs")

Certains kitsune possèdent un sanctuaire (massha, 末社). D'après Gary Cox, on peut en relever deux en particuliers se situant sur le Inari-yama, le montagne sur laquelle le Fushimi Inari Taisha est basé. Ces deux sanctuaires sont localisés à proximité l'un de l'autre, dans ce qui est appelé "La vallée des Myōbu" (Myōbu Tani, 命婦谷)


- Le premier est Byakko-sama. Attention, il ne s'agit pas du Byakko que l'on connait en tant que tigre blanc. Si les deux se prononcent de la même manière, ils s'écrivent différemment. Le kanji utilisé pour le tigre blanc est 白虎, tandis que le renard Byakko s'écrit 白狐.
Il est vénéré au Byakko-sha (白狐社, sanctuaire du Renard Blanc). D'après Daniel Crump Buchanan, il représente la déification du renard blanc, un animal aux pouvoirs merveilleux qui, s'il est approché de la bonne manière, offrira la santé, l'aisance et le succès à ceux qui le vénèrent. A coté du sanctuaire se trouve un trou, supposé être l'endroit où le renard blanc a donné la vie à son petit. Devant, des bougies et de l'encens brûlent perpétuellement, grâce au flot constant de suivants qui viennent dans ce lieu sacré. Il considère que Byakko-sama est à la fois mâle et femelle, tout comme Inari.
Il semblerait que cette notion d'utilisation de l'encens est très rare dans le Shinto, exception faite du culte d'Inari-sama (ainsi que des kitsune)

- Le deuxième porte officiellement le nom de Oku-yashiro Hōhai-sho (奥社奉拝所), surnommé Oku-yashiro (奥社), "le sanctuaire intérieur", ou Oku-no-in (奥の院). Le Fushimi Inari Taisha le traduit en anglais par "Inner shrine" ("inner" parce qu'il se situe plus profondément dans la montagne que le sanctuaire principal).
Si ce sanctuaire est dédié à Uka-no-Mitama-no-Ōkami (宇迦之御魂大神) (qui est selon le Fushimi Inari Taisha la divinité principale constituant Inari Ōkami, et est également vénérée dans le sanctuaire principal), l'accent sur les kitsune y est bien plus mis que dans le sanctuaire principal, au pied du mont : on y trouve de nombreuses statues, à tablettes votives en forme de byakko, omamori les représentant etc.

Hearn relève un autre type de manifestation de la foi à leur encontre :
Le Japon Inconnu a écrit:Derrière presque tous les temples d'Inari, creusée dans le mur à un ou deux pieds au-dessus du sol, vous remarquez une ouverture circulaire, souvent disposée de façon à pouvoir se fermer et s'ouvrir à volonté au moyen d'une planchette qui glisse sur elle-même, c'est le Trou du Renard. Regardez à l'intérieur et vous découvrirez quelque offrande, de tofu ou autre aliment dont on le dit friand: mais plutôt, encore, des grains de riz disséminés sur une partie de boiserie en saillie, au bord même ou non loin de l'orifice, devant lequel le paysan viendra frapper des mains, murmurer une courte prière et recueillir un ou deux grains de riz qu'il avalera dans la certitude d'être, par eux, guéri ou préservé de la maladie. Il faut savoir que l'objet de cette dévotion est un invisible renard, un fantôme de renard, celui que, respectueusement, les paysans, adorent sous le nom de O-Kitsouné-San. S'il arrive que, parfois, il consente à se laisser voir, il apparaît, dit-on, toujours blanc comme la neige.

En outre, les kenken-san, ou Inari-sama (appellation trompeuse s'il en est, à ne pas confondre avec la "divinité-en-soi" Inari/Oinari) font également l'objet d'un culte en tant que O-Kitsune-San. Il s'agit de kitsune, généralement des Byakko-sama, considérés comme divinités protectrices, et pouvant descendre sur des humains qu'ils choisiront en tant que Dai. Ils ne sont pas nécessairement des kamis supérieurs, mais pour autant, lorsqu'un Dai révélera leur nom, ils seront dûment vénérés (que ce soit par la famille ou la communauté entière), et un autel (ou plus) sera élevé à leur intention.
Le plus bel exemple, que je connaisse de relation avec ce type de kami, est relaté dans Les Oracles de Shirataka, d'Anne Bouchy, dont je ne peux que vous conseiller vivement la lecture, tant pour le témoignage que pour la foule d'informations qui s'y trouvent.

Un dernier point est également à noter : les japonais ont tendance à honorer ce qu'ils craignent, ritualisant et offrant pour apaiser l'esprit agité et rendu néfaste par le manque de déférence, de manière à ce qu'il devienne bienveillant.


Des esprits positifs ou négatifs ?

Il s’agit d’un point assez délicat. Nous avons vu dans l'énumération des types de kitsune que certains sont considérés comme hautement bienveillants, et d'autres comme réellement malveillants. L’engishiki, recueil japonais de lois et règlements datant de 927, énumère trois types de kitsune de très bon augure : les renards blancs, les noirs, et ceux à neuf queues.
Selon Hearn, "il est peu probable que les notions populaires, en ce qui concerne les diverses classes de renards et la différence qui sépare le Renard Démon du Renard d'Inari, aient jamais été, sauf dans,les ouvrages des anciens lettrés, plus clairement établies qu'elles ne le sont présentement".
D'ailleurs, outre les différences qui ont été présentées plus haut, on dit que les kitsune négatifs craignent ceux affiliés à Inari, et que l'honnête renard crie "kon-kon" ou "ken-ken" alors que le malicieux crie "kouaï-kouaï".

De manière générale, il semblerait que les kitsunes soient craints par les japonais. Il ne me semble pas qu’ils soient foncièrement négatifs pour autant, ce qui ne signifie pas qu'ils ne puissent pas s'avérer dangereux. Ce sont des yokais espiègles, aimant jouer des tours et parfois tourmenter leurs proies. Pour autant, ils peuvent aussi se prendre d’affection pour des humains et les aider.
Pour chaque trait négatif des kitsune, il existe un pendant positif. Ils sont rusés et sournois, et précautionneux et intelligents. Ils sont mystérieux et inquiétants, mais aussi sacrés et au delà de toute compréhension rationnelle. Ils peuvent rouler leurs créanciers avec du faux argent, et offrir des présents inestimables. Ils peuvent provoquer des catastrophes, et sauver la vie de personnes qu'ils apprécient. Ils peuvent rendre fou, ou distiller conseils et connaissances. Ils peuvent égarer ou aider à retrouver la voie.
En tout point, ce sont des êtres qui s'équilibrent.


Leurs pouvoirs


  • Des kitsune pouvant changer de forme.

Les renards peuvent changer de forme (bakeru), généralement pour apparaître comme une superbe jeune femme ou un prêtre bouddhiste, bien qu’ils puissent prendre la forme de toute chose de la nature. Si nous avons vu l'exemple d'une femme aimante envers sa famille dans l'explication de l'étymologie, il en existe beaucoup d'autres selon lesquels les renards se transforment pour séduire les hommes et leur jouer des tours. Selon certains, ce serait pour faire prendre conscience à leurs victimes de leurs propres failles, selon d'autres il s'agirait d'un simple amusement.
Cette aptitude est profondément ancrée dans la mentalité japonaise. Les passants se méfient des femmes trop belles rencontrées après le coucher de soleil ou rencontrées en pleine nature.


Tête de marionnette de Bunraku figurant un kitsune pouvant se transformer en jeune femme

Mais il existe également un pendant positif. Les kitsune changeant de forme sont parfois considérés comme liés à Inari, étant donné qu'il peut s'agir d'une manifestation (kenshin) d'Inari et ses messagers.
Ainsi, sachant que les kitsune se regroupent le soir du nouvel an afin de décider du rang de chacun pour l'année à venir, un passeur a rapporté que traditionnellement, ce soir là les passagers ne payaient pas le droit de passage, puisqu'ils pouvaient vraisemblablement être des servants d'Inari sous forme humaine.

Selon Hearn, il existe deux moyens principaux de démasquer un kitsune :
- s'ils passent devant une étendue d'eau et qu'ils s'y reflètent, ce ne sera pas une apparence humaine qui apparaîtra mais leur apparence vulpine.
-Les chiens peuvent détecter le renard métamorphosé.

Il considère également que le renard n'affecte pas, en réalité, la forme humaine, mais qu'il induit les gens à le croire par la force de son pouvoir magique ou en les enveloppant d'effluves magnétiques.


  • Le kitsune damashi, l'ensorcellement et les mirages

Les ensorcellement par les renards consistent plus en des tours joués par les kitsune. Les gens peuvent voir des choses qui n'existent pas, comme des processions ou des batailles.
Selon Hearn, le kitsune peut contraindre les yeux à voir, les oreilles à entendre, l'imagination à créer tout ce qu'il lui plaît que l'ont voit, entend ou imagine, dans le Temps et l'Espace, dans le Passé et l'Avenir.



Kuniyoshi, 1852.

D'après les recherches de Karen Smyers, lorsque le Japon s'est ouvert à l'occident et à ses technologies, les renards se sont parfaitement adaptés. Ainsi, parmi leurs tours, on retrouve le témoignage de kitsune envoyant des télégrammes, se transformant en voiture fantôme ou faisant apparaître un faux wagon sur une voie de train.
On retrouve aussi des témoignages de vengeances, des personnes ayant eu un accident mortel après avoir abattu des renards, des enlèvements, ou des processions de lumières à des endroits où des sanctuaires liés aux kitsune avaient été rasés pour y installer des chemins de fer.


  • Le kitsune tsuki, la possession par un renard

Ils peuvent également posséder des humains, qu'ils soient ou non consentants. Cette faculté s'appelle le kitsune tsuki. Il s'agit d'un type de tsukimono (憑 tsuki : possession+物 mono : chose). Il ne s'agit pas du même terme que la possession générale, ou hyoi 憑依 (憑 tsuki également, mais cette fois prononcé hyo + 依 i : causé par).

Il est possible qu'un kitsune possède un humain de sa propre volonté. Il peut être animé par l'urami (la malveillance), ou une volonté de vengeance. Cela peut aussi venir de l'avidité ou de l'envie. Le kitsune peut vouloir quelque chose qu'il ne peut pas obtenir sous sa forme originelle, ou formuler une demande, et donc devoir passer par une bouche humaine.

Le Ninko (ou Hito-Kitsune), Homme-Renard, est supposé être le Renard spécial de la possession démoniaque. De la taille d'une belette et de forme à peu près identique (à l'exception de la queue qui est celle des renards ordinaires) on l'aperçoit rarement. Il se garde invisible à tous, sauf à ceux auxquels il s'est attaché. Il aime à vivre dans la demeure des hommes et, nourri par eux, porte bonheur à la maison qui l'abrite. Mais malheur à la famille qui l'aurait offensé.

Il semblerait que les femmes soient plus souvent possédées que les hommes au Japon. Selon certains chercheurs dont Buchanan, mais aussi selon des personnes (hommes comme femmes) interrogées par Smyers lors de son enquête au Japon, ce serait dû au fait qu’elles soient plus enclines à l’hystérie, plus émotives, plus sensibles et plus facilement influençables. En réaction, Smyers suggère qu’il est étrange que personne n’ait pensé au fait que ce soit simplement parce qu’on laisse moins de libre arbitre aux femmes. Le renard évoquant d’une certaine manière la liberté personnelle, la part égoïste de l'individualité et la séparation psychologique de la protection du groupe (familial ou social), il s'agirait d'une réaction à l’encontre des discriminations structurelles de la société.


Le kitsune-tsuki est de loin le type de tsukimono le plus commun, et le plus étrange. Tandis que les autres types de possédés semblent prendre tous les attributs de l'animal qui les incorporent, le possédé ressenitira ici des douleurs fantomes, une forme d'épilepsie, le souffle court et changera de voix. Les symptomes resembleront à une possession démoniaques, selon les critères occidentaux.
Le comportement généralement diagnostiqué en tant que possession par le renard varie d'un vague inconfort physique a des choses plus impressionnantes : des habitudes alimentaires inhabituelles, le fait de manger à même le plat, un langage inapproprié, l’incapacité à suivre les normes sociales, un train de vie trop élevé, le fait de vouloir être sans cesse à l’extérieur, voir le fait de glapir comme un renard ou de se tenir nu, à quatre pattes.
L’un des signes positifs concerne le langage et l’alphabétisation. La calligraphie est réputée être plus belle, et des illettrés sauraient soudainement lire et écrire. De même, certains considèrent qu’un possédé saura parler chinois alors même qu’il n’en avait aucune connaissance.
Ainsi, la possession était parfois vue comme donnant les moyens aux personnes de sortir de leurs limitations par le biais de capacités nouvellement trouvées en langues étrangères, lecture et écriture.

Au Japon, le kitsunetsuki est reconnu comme maladie dès l'époque Heian ( 794-1185) et est resté un diagnostic ordinaire pour les maladies mentales, même durant le XXe siècle. On justifiait les comportements anormaux par la possession, et jusqu'à la deuxième guerre mondiale, les mystiques comme les scientifiques traitaient tout cela avec le plus grand sérieux. À la fin du XIXe siècle, le Dr Shunichi Shimamura remarqua que les maladies physiques causant de la fièvre étaient souvent considérées comme un kitsunetsuki.
De même, F. Hadland Davis a écrit dans son livre de 1913, Myths and Legends of Japan :
“Demonical possession is frequently said to be due o the evil influence of foxes. This form of possession is known as kitsune-tsuki. The sufferer is usually a woman of the poorer classes, one who is highly sensitive an open to believe in all manner o superstitions. The question of demoniacal possession is still and unsolved problem, and the studies of Dr. Baelz of the Imperial University of Japan, seem to point to the fact that animal possession in human beings is a very real and terrible truth after all. He remarks that a fox usually enters a woman either through the breast or between the finger-nails, and that the fox lives a separate life of its own, frequently speaking in a voice totally different from the human.”

Bien qu'aujourd'hui ce genre d'explication ne soit plus monnaie courante, il arrive encore qu'on cite le kitsunetsuki à l'origine de troubles, comme la possession de la secte Aum Shinrikyo (pour rappel, responsable d'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, en 1995).
En médecine, le kitsunetsuki est un syndrome culturel qu'on ne retrouve que dans la culture japonaise. Il est ressemble à la lycanthropie clinique, bien qu'il en soit distinct.

Un autre point capital vis à vis de ce phénomène est le fait qu'au lieu d'une possession volontaire de la part du kitsune, il peut s'agit d'une attaque délibérée commanditée par une personne. Les 'sorciers' connus en tant que kitsune-tsukai sont réputés posséder un kitsune invisible sous leurs ordres, qu'ils pourraient envoyer aux fins de posséder des personnes sur commande, les raisons variant de la vengeance au simple profit. Selon les rumeurs, ces kitsune tsukai étaient parfois des exorcistes envoyant leur aliéné pour posséder quelqu'un aux seules fins de pouvoir les exorciser (contre rémunération, bien entendu).

Les personnes souffrant de kitsune tsuki (possession par un renard) étaient généralement envoyées dans un centre sacré d'Inari afin d'être soignées. Dans ce cas, les prêtres peuvent réaliser une purification oharai, ou un gokito, service plus élaboré durant lequel est récité un norito spécifique à la purification de la distorsion, appelé magamono-barai. L'équivalent bouddhiste s'appelle shogitaisan. Smyers note que le nombre de personnes allant se faire soigner au temple a décru, et que cette fonction a été déléguée principalement aux pratiquants du chamanisme, spécialistes de la question. L'alternative est le recours aux Yamabushi, ascètes des montagnes pratiquant le shugendo (mais il semblerait que leur nombre ait drastiquement décru ces dernières décennies).


Des esprits libres pouvant être asservis

Ils ont été employés à des fins funestes par des sorciers. Les médiums et soignants pouvaient et peuvent toujours être assistés par des renards blancs. Il existe deux types de personnes côtoyant les kitsune : le kitsune tsukai peut se traduire par employeur de renard, tandis que le kitsune-mochi est un propriétaire de renard.


Gravure par Bertha Lum, 1920

Les Kitsune-tsukai prennent le pouvoir sur leur futur "familier" au travers du rite d'Izuna, ou Izuna-ho. Ce rituel est décrit dans le Honcho Shokkan, un manuscrit du 17ècle. Pour résumer, il faut prendre soin d'une renarde pleine, la nourrir et l'apprivoiser. Quand elle met bas, il faut prendre soin de ses petits. Une fois qu'ils ont suffisamment grandi, leur mère propose à son bienfaiteur de nommer l'un d'entre eux en remerciement. Une fois le nom choisi, le renard nouvellement nommé sera sous contrôle, et répondra au pouvoir de son nom. En continuant à le nourrir, la personne deviendra kitsune tsukai, et le renard nommé devra répondre à toutes les questions et exécuter toutes les tâches qui lui seront confiées, aussi funestes soient-elles.
Le sorcier solitaire utilisant ce rite était généralement un yamabushi (ascète des montagnes) ou un kitochi (exorciste).

Selon Blacker, il s'agirait du dérivé d'un rite hérétique médiéval à propos duquel il existe de très nombreux témoignages dans la littérature ancienne, le rite Daten ou Dagini. Il était généralement utilisé par les guerriers, nobles et prêtres soucieux de s'assurer plus de pouvoir ou d'argent. Si le rituel ne visait pas directement les renards, il s'avère que le signe prouvant son efficacité était assuré par ceux-ci.

Selon la tradition, il s'agit de quelque chose d'héréditaire, et devenir kitsune tsukai liera l'intégralité de la lignée. A partir de cet instant, la famille deviendra un tsukimono-tsuji, un clan de sorciers. Selon Hearn, le nombre de kitsune possédés par une famille serait un paramètre variable, 10, 20, 100... mais le plus répandu (bien qu'arbitraire) reste 75.
On considère généralement que la lignée se transmet de manière par les femmes. Selon certains, les renards attachés à la famille suivraient la jeune épouse dans son nouveau foyer. De ce fait, non seulement le noyau central s'en trouvait contaminé, mais également toutes les branches principales et secondaires de la famille.
Selon Blacker, les prêtres sont capables de détecter les possesseurs de renards par le simple fait de voir des renards assis sur les corniches de leur toit, tout comme pouvaient le faire tous les habitants du village.

Certains considèrent le lien avec les kitsune comme étant contagieux. Afin d'éviter d'attraper cette "maladie", les personnes évitaient tout rapport avec les familles possédant les renards, que ce soit pour faire affaire avec eux, leur emprunter de l'argent, ou acheter des terres leur ayant un jour appartenu.
Ainsi, les Kitsune-tsukai et les tsukimono-tsuji ont été activement discriminés. Avant un potentiel mariage ou partenariat professionnel, l'arbre généalogique était précautionneusement vérifié (particulièrement durant d'ère Edo) pour repérer un potentiel ascendant qui aurait pu être kitsune tsukai, auquel cas tout lien était rompu. Les familles accusées étaient bannies, et leurs maisons brûlées.
Un tel comportement était fréquent jusqu'aux années 60, au moment où des lois concernant les droits de l'homme ont spécifiquement interdit la discrimination contre les familles de tsukimono-tsuji et de kitsune-tsukai, mais les réticences semblent encore perdurer de nos jours.

(Pour aller plus loin, voir The Catalpa Bow : A Study in Shamanistic Practices in Japan, de Carmen Blacker, qui y consacre tout un chapitre)


Comment s'en protéger ?

Celui qui a mangé la chair d'un renard est à jamais préservé de l'enchantement. Néanmoins, ironiquement, il est dit que celui qui consomme de la chair de renard est puni par Inari-sama. A choisir entre des illusions et la colère d'une telle divinité, les illusions seraient probablement préférables.
Comme dit plus haut, le fait de posséder un chien peut également être un rempart. Étant donné qu'ils peuvent débusquer les kitsune peu important leur forme, ceux-ci en ont une peur bleue. Mais cela va même plus loin. Il est coutume de tracer 犬, inu (chien) sur le front des enfants pour les protéger, ou encore d'enduire le corps d'un possédé  de pâte de poisson, et de le faire lécher par un chien pour forcer le kitsune a partir (avis aux amateurs de crème d'anchois   )
De plus, selon Hearn, "Pour vous défendre des effets de [leur] supercherie, apprenez qu'il vous faut joindre les mains de façon à ne laisser qu'une ouverture en forme de losange entre vos doigts croisés, au travers de laquelle, murmurant certaine formule bouddhique, vous soufflez dans la direction de la flamme mystérieuse celle-ci s'éteindra, quelle qu'en soit la distance."


Les phénomènes liés aux kitsune

Le Kitsune no Yomeiri (狐の嫁入り) fait partie intégrante du folklore japonais. Il s'agit du mariage de yokais, généralement des kitsune, qui déclenche des phénomènes météorologiques.
Plusieurs phénomènes y sont traditionnellement liés. Le premier est une enfilade de lumières, visibles à l'horizon, le Kitsune no Yomeiri Gyoretsu (狐の嫁入り行列, La procession nuptiale du mariage des Renards), à l'image des cérémonies de mariage japonaises anciennes. A la période Muromachi, les mariages avaient lieu dans la nuit et la mariée était escortée vers sa nouvelle maison par un défilé de lampes. Lors des mariages de renards, il est dit que les lueurs sont des kitsune-bi (狐火, littéralement feux de renard), réputés être provoqués par le souffle ou les soupirs des renards (pour aller plus loin, voir ici).


Kitsunebi lors de la réunion du nouvel an, par Utagawa Hiroshige

Mais il peut également s'agir des lanternes portées par les convives.


Par Utagawa Yoshitora, 1860

On retrouve une description de ce phénomène dans l'Echigo Naruse (越 后 名 寄; Encyclopédie de Echigo) :
"Les nuits sombres et calmes, dans des lieux secrets, des chaînes de lanternes ou des torches peuvent être vues dans une chaîne ininterrompue de plus de deux miles de long. C'est un phénomène rare, mais indubitable. On le voit le plus souvent dans le comté de Kanbara, et il est dit que cette nuit là les jeunes renards vont voir leurs camarades."

Il est également dit que leur mariage provoque des pluies alors même qu'il fait grand soleil ; pour certains, les arc en ciel qui en découlent sont également de leur fait. Ce phénomène est appelé tenkiame (天気雨).
Le poète Masaoka Shiki, de l'ère Meiji, a écrit à ce propos :
"Lorsque la pluie tombe du ciel bleu, à l'Heure du Cheval, le Grand Roi des Renards prend épouse."

De même, on dit que le mariage des renards est déclencheur des aurores boréales. Il est d'ailleurs à noter que les japonais ne sont pas les seuls à considérer que les renards ont un lien avec ce phénomène. En Finlande, les aurores boréales sont considérées comme le résultat de la course d'un renard dans la neige, sa queue se balançant sur les flocons pour les envoyer vers les cieux.

Avec la montée de la dévotion à Inari au cours de la période Edo, il a gagné une plus grande importance et une influence culturelle. Un festival y fait d'ailleurs hommage.

(Pour aller plus loin, voir Arrow ici (lien en anglais)
Vous pouvez également retrouver un conte relatant un mariage de renards (en anglais) Arrow ici )

Bien à vous.

Sources:
.


Dernière édition par Lya le Sam 31 Jan 2015 - 23:47, édité 1 fois


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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par Brume le Sam 31 Jan 2015 - 23:37

Excellentissime ! Merci ! OMG
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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par Zéphir le Sam 31 Jan 2015 - 23:42

Merci lya ! J'adore la culture japonaise, ainsi que ses dieux et esprits ( yurei , yokai , kami ). J'ai pris beaucoup de plaisir à te lire !


Dernière édition par Hagel le Sam 31 Jan 2015 - 23:46, édité 1 fois (Raison : l'orthographe est ton ami)
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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par Hagel le Dim 1 Fév 2015 - 10:48

C'est un magnifique dossier ma noisette, merci!

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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par Lya le Dim 1 Fév 2015 - 11:30

Merci ! Contente que ça vous plaise fox


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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par Anna Ho Vala le Dim 1 Fév 2015 - 16:24

Super dossier, que j'ai pris plaisir à lire, merci !
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Message par Fennec le Dim 1 Fév 2015 - 16:46

Super dossier Lya! Je me suis régalée! ^^
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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par Avel le Dim 1 Fév 2015 - 16:49

Je ne m'étais jamais vraiment penchée sur le sujet...Merci pour ce dossier qui m'a appris plein de choses !
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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par OrFéNyx le Dim 1 Fév 2015 - 20:59

Merci Lya pour cet article détaillé. C'est un plaisir de te lire ^_^
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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par Hermine le Dim 1 Fév 2015 - 23:39

Très bien écrit, limpide, merci beaucoup !

Smyers suggère qu’il est étrange que personne n’ait pensé au fait que ce soit simplement parce qu’on laisse moins de libre arbitre aux femmes.

bien vu ^^
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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par Mòrwenna Artio le Lun 2 Fév 2015 - 11:34

Super dossier, pertinent et enrichissant, je me suis régalée !

(par contre, ce sera sans anchois pour moi, merci /D )
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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par énergie le Lun 2 Fév 2015 - 11:38

Bravo Lya,  très  beau dossier très  agréable  à  lire  et plus que complet.
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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par Caelsuvorc le Lun 2 Fév 2015 - 16:13

Tout ce panthéon (pas taper !) de renards, ça donne le tournis !
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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par Ushiro le Jeu 5 Fév 2015 - 21:59

Vraiment top ! Un plaisir à lire ! 
Merci beaucoup ! sunny
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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par Lya le Jeu 5 Fév 2015 - 22:05

Merci !
Mòrwenna, si tu préfères la brandade de morue ça doit marcher aussi Razz


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Re: Dossier février 2015 : Le Kitsune - Esprit-renard japonais

Message par polangélite le Lun 28 Aoû 2017 - 13:36

Bonjour, peut - on confondre le kitsune avec le loup ? Depuis que je suis petite le loup est un animal qui m'intrigue et auquel je fais particulièrement attention et me sens liée ! Est ce qu'il existe une autre sorte d'esprit ou d'entité qui serait lié à cet animal ?
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