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Le petit Albert (grimoire)

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Le petit Albert (grimoire)

Message par Hagel le Ven 19 Sep 2008 - 12:12

Bonjour,

Le Petit Albert est un grimoire dit "de magie" peut-être inspiré par les écrits de saint Albert le Grand. Il est imprimé en France pour la première fois en 1668, puis réédité de façon continue. Apporté jusqu'au plus petit hameau dans les sacoches des colporteurs, il représente un succès d'édition phénomémal, malgré sa réputation sulfureuse ou grâce à elle. Il est associé à un ouvrage jumeau, le Grand Albert, et souvent à un almanach qui rend au moins, au paysan, les services d'un calendrier. C'est une oeuvre composite, voire hétérogène, et peut-être un bric-à-brac, rassemblant des textes de valeur inégale écrits par (ou attribués à) différents auteurs ; la plupart de ces auteurs sont anonymes, mais certains sont estimables comme Albert le Grand ou Paracelse. Son texte relativement ancien (même si l'attribution à Albert le Grand est douteuse) en fait un document ethnologique de premier ordre.

Sous l'égide d'Albert le Grand:
Le Petit Albert est en général mentionné en même temps que le Grand Albert, un autre grimoire. Le Petit Albert n'est cependant ni un résumé ni une version abrégée du Grand Albert ; c'est un texte distinct, comme on peut le voir en comparant les deux ouvrages que Claude Seignolle a présentés l'un et l'autre dans Les Évangiles du Diable (Collection Bouquins).

L'auteur de ces deux ouvrages est en théorie Albert le Grand, né vers 1193, théologien, professeur d'université, en particulier à la Sorbonne ; Albert le Grand a été canonisé. Il a laissé son nom à la place Maubert (étymologiquement : place du Maître Albert) à Paris.

Les écrits du Maître Albert ne sont évidemment pas imprimés à son époque . Ils le sont pour la première fois en France en 1651 par Beringos à Lyon, ce qui représente un écart de plus de 400 ans entre la date estimée de la rédaction et celle de l'impression, plage de temps qui ouvre de nombreuses possibilités d'évolution du texte.

C'est en 1668 que parait, toujours chez Beringos, "Les secrets merveilleux de la magie naturelle du petit Albert tirés de l'ouvrage latin intitulé Alberti Parvi Lucii Libellus de mirabilibus naturae arcanis... enrichi de figures mystérieuses, d'astrologie, physiognomie, etc ...".

Le Grand et le Petit Albert se réclament d'Albert le Grand. Cette revendication n'est pas à prendre au pied de la lettre. Pour s'en tenir au Petit Albert, objet de cet article, il ne manque pas, au fil des pages, de références à des auteurs postérieurs à Albert le Grand, comme Paracelse, très largement cité, ni de mentions d'événements non survenus ou d'objets inconnus à l'époque de Maître Albert. En se plaçant sous l'égide d'Albert le Grand, ces ouvrages cherchent une reconnaissance et une légitimité. Cette façon de se réclamer d'un grand auteur en lui attribuant ses propres écrits a été courante autrefois ; elle se veut respectueuse et tient de l'hommage ; elle n'est pas assimilable à une falsification moderne. D'ailleurs, le texte de l'ouvrage ne fait aucun effort pour tromper, et les références à des auteurs ou à des événements postérieurs à Albert le Grand y figurent sans travestissement. Dans l'édition utilisée par Seignolle, l'ouvrage comporte des recettes supplémentaires par rapport aux éditions antérieures. Ces ajouts sont regroupés ensemble en fin d'ouvrage et signalés comme tels dans l'"Avertissement qu'il faut lire" qui ouvre le livre.

À partir de 1850, le Grand et le Petit Albert sont publiés ensemble sous le titre global : La grande et véritable science cabalistique contenant : 1) 'Le Grand Albert, ses secrets merveilleux', 2) 'Les secrets mystiques de la magie naturelle du Petit Albert', 3) 'Le Dragon Rouge'.

Réactions de l'Église
La réaction de l'Église catholique au XIX ème et au début du XX ème est extrêmement négative, les deux "Albert" étant assimilés à de la magie noire. On les lit donc en cachette, on les cache sous une poutre au grenier, on se demande lequel des voisins pourrait en posséder un exemplaire.

Comme on est quand même bon chrétien, on tente de faire bénir le livre par surprise : on le cache sous la nappe de l'autel, dans ce but. Les prêtres le savent ; ils inspectent les cachettes possibles avant la messe et font disparaître l'Albert s'ils en trouvent un. Les légendes fleurissent. On dit que le diable cherche à reprendre ses livres, on prétend aussi qu'il est dangereux de détruire soi-même un Albert, et qu'il faut le confier au prêtre à cet effet.

L'attitude de l'Église après la Révolution contraste avec le fait que l'ouvrage a eu une longue vie éditoriale nullement clandestine (éditions successives à Lyon) sous l'Ancien régime, et même avant le Siècle des Lumières, alors que l'Église avait toute latitude pour le faire interdire. Probablement les censeurs ecclésiastiques de l'époque ont-ils vu qu'il n'y avait pas de quoi fouetter un chat.

Le livre est censuré indirectement de 1793 à 1815 quand la littérature de colportage est interdite, mais l'Église n'y est évidemment pour rien.

Peut-être aussi la réputation sulfureuse faite à l'ouvrage à partir du XIX ème siècle venait-elle en partie des colporteurs qui avaient vu le potentiel publicitaire de l'interdit. Si tel est le cas, ils ont réussi à 1000 % (voir section suivante).

Positionnement moral de l'ouvrage:
Le livre ne contient aucune invocation du diable, ni aucun projet affiché de nuire gravement à son prochain. Les recettes de cuisine et de vie pratique en général occupent la plus grande partie des pages.

Toutefois, si l'on veut creuser la question, on remarquera qu'il vise la puissance, et que celle-ci peut toujours être utilisée en bien ou en mal.

Par exemple, la même recette de magie sexuelle sera utilisée par l'un pour obtenir des faveurs de son épouse, par l'autre pour les obtenir d'une jeune fille destinée à être séduite et abandonnée. La même recette pour "nouer l'aiguillette" servira à l'une à obtenir une tranquillité temporaire, à l'autre à castrer méchamment.

De même, à les supposer réalisables, les "moyens de contrefaire les véritables perles d'Orient", ou ceux de "contrefaire du musc qui sera jugé aussi exquis que le naturel oriental", ou ceux "pour augmenter le poivre pilé de la moitié", pourront servir soit à tromper le client soit à lui offrir un produit de même qualité et de moindre prix.

Les recettes étant diverses, d'origines et d'utilité variées, il faudrait plutôt rechercher des morales au pluriel, autant que de recettes.

Une des plus clairement criticable est celle concernant la main de gloire dont se servent les scélérats voleurs, pour entrer dans les maisons de nuit sans empêchement.

Moins macabre mais pas plus sympathique, celle "pour faire porter un fusil à l'extraordinaire" ; pour autant, ce n'est pas l'auteur du Petit Albert qui a inventé la guerre.

En résumé : le positionnement moral global de l'Albert n'est remarquable ni en bien ni en mal, à supposer qu'il soit légitime de parler de positionnement global pour un livre dont le processus d'établissement du texte se compte en siècles et qui par ailleurs enfile comme des perles sur un fil des recettes d'origine diverses.

En revanche, on sera plus critique sur sa large diffusion au XIX ème siècle, époque où la science n'était plus balbutiante et où les "merveilleux secrets" révélés par l'ouvrage n'avaient plus d'intérêt autre qu'historique.

pour lire le petit Albert en ligne: http://www.esotericarchives.com/solomon/petitalb.htm

Source: wikipédia

Bien à vous


Dernière édition par Hagel le Mar 4 Nov 2014 - 15:41, édité 1 fois



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Re: Le petit Albert (grimoire)

Message par Invité le Ven 19 Sep 2008 - 14:04

Merci Hagel pour ces précisions sur le petit Albert car on me l'a toujours présenté comme un recueil de sorcellerie noire.
Une amie dont la grand mère pratiquait la magie noire lui a laissé son exemplaire "pour prendre la relève". Du coup, je ne l'associais qu'à du négatif. Donc encore merci pour cette explication. J'irais voir le lien dès que possible.

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