La Mediumnite Hagel
Connexion

Récupérer mon mot de passe

Derniers sujets
» Lien psychique
par encore-des-questions Jeu 29 Sep 2016 - 9:23

» Bénévole- Message d'une personne décédée
par MarieC. Mer 28 Sep 2016 - 21:49

» baguette de thérapeute en cristal
par chocomuse Mer 28 Sep 2016 - 11:48

» LIVRE ASTROLOGIE
par chocomuse Mer 28 Sep 2016 - 11:32

» L'odorat astral
par Isil Mar 27 Sep 2016 - 22:16

» Evénements astronomiques
par etoilelointaine Mar 27 Sep 2016 - 11:56

» Psaume 91
par sabrinaluna Mar 27 Sep 2016 - 11:25

» Bougie: utilisation en magie et rituel
par Ellinor Mar 27 Sep 2016 - 7:00

» Le voyage astral
par sabrinaluna Lun 26 Sep 2016 - 22:45

Les secrets des incas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Les secrets des incas

Message par Aka E le Mer 28 Jan 2009 - 12:09

Pour ceux présents lors de la dernière soirée tchat, j'avais évoqué l'astronomie précolombienne qui auraient influencer le moral des batailles incas / conquistadors. Je n'ai pas remis la main sur le documentaire en question, mais j'ai trouvé un résumé (encore trop syntéthique à mon avis) des écrits de Bill Sullivan, celui qui a su percer les secrets des mythes incas.


« La voie lactée, dans les Andes, est si lumineuse que l'on perçoit même des nuages de poussières interstellaires, les Incas avaient appris à en reconnaître tels que le "lama" (Iluthu), le "crapaud" (hanp'atu), le "serpent" ou le "renard".
La voie lactée marquait pour les Incas la frontière entre les vivants et les morts et constituait un pont emprunté par les défunt lors de leur retour annuel sur terre.


Mythe de la création:
" Sur les rives du lac Titicaca, il y a très longtemps, surgit un homme barbu muni d'un bâton. Il gagna l'île du même nom et commanda au Soleil d'apparaître, aux étoiles et à la Lune de surgir. Les astres lui obéirent et dans l'argile, il modela alors des hommes et des femmes. Ces couples furent créés afin d'être les ancêtres de chaque tribu des Andes. Le créateur offrit à chacun de ces couples un langage, des graines, des coutumes et des traditions. Enfin, il leur insuffla la vie et leur dit d'aller sous la terre afin de réapparaître sur leur territoire respectif. Ainsi ils jaillirent des grottes, des sources,..."

Les lieus de résurgence des couples se nommèrent "pacarina" et chacune des tribus détermina son huaca (représentation de l'ancêtre de chaque tribu sous forme d'un animal associé à une constellation,...). Ainsi l'huaca rappelait l'origine céleste de chaque tribu car chaque huaca était associé aux astres. L'ancêtre mort, revenait à son lieu d'origine dans les étoiles symbolisé par l'huaca. Ainsi le territoire de chaque tribu prenait la place sur terre comme une constellation occupe une part de la voûte céleste. Sur la voûte céleste, les étoiles malgré leurs situations différentes se déplacent harmonieusement (comme le travail communautaire dans les Andes). Sur terre, les peuples malgré leurs différences (longues, coutumes,...) sont tous issus du même créateur. L'astronomie est une cartographie des peuples des Andes.


Mythe du Lama et du Renard:
"Il y a bien longtemps, un berger rejoignait inquiet son troupeau de lamas car ceux-ci ne mangeaient plus et ne buvaient plus. Toute la nuit, ils observaient le ciel et pleuraient. Le berger leur dit avec colère:"Vous avez les meilleurs pâturages, vous recevez l'eau la plus pure et sans arrêt vous pleurez". Un lama répondit comme un homme: "tu vois les étoiles par dessus le mont Vilcacoto, elles nous disent que dans un mois exactement le monde subira un déluge". Le berger convaincu par ses paroles, alla chercher sa famille et se réfugia au sommet de la plus haute montagne en compagnie des animaux sauvages. Il finit par pleuvoir tant et tant que le seul que seul le sommet de la montagne échappa à cette eau. Vu leur peu de place au sommet un renard glissa et trempa sa queue dans l'eau. C'est depuis ce jour que les renards ont la queue noire".

Il est intéressant de savoir que les Incas donnaient les noms de lama et de renard à des constellations d'étoiles. Doit-on y voir un lien dans ce mythe?

Il faut également savoir que vu l'altitude et la qualité visuelle qu'elle procure, il est tout à fait possible de voir dans le ciel des Andes des nuages de poussières interstellaires dans la voie lactée. Ces nuages noirs font aussi parties de l'astronomie Inca que les chamans observaient d'ailleurs du sommet des montagnes.

Mais quel est donc ce groupe d'étoiles que le lama épiait? Etait-ce le lever du soleil à l'Est qu'ils attendaient en pleurant? Si on traduit le nom de la montagne (Vilcacoto): "montagne des tas de soleil", on aurait tendance à penser qu'il s'agit bien du lever solaire que les lamas attendaient. Ou peut-être du lever héliaque (dernière étoile visible avant le lever solaire). Le tas de soleil pouvant être en l'occurrence les pléiades et sans doute le lever héliaque des pléiades.

Le lama du mythe est probablement le lama astronomique c'est à dire un nuage de poussière interstellaires bien connu des Incas. Donc, il semble que la constellation Inca du lama (se trouve à l'Ouest) observait l'Est dans l'attente d'une catastrophe. Sans doute, attendait-il le lever héliaque des pléiades à l'Est. Mais que devait-il se passer?

Mais quelle était la position des astres à cette époque-là? C'est qu'avec le temps, les astres n'ont plus la même position dans la voûte céleste! C'est la précession. Y a-t-il eu un moment où le lama se couche quand les pléiades se lèvent?

En outre, il faut savoir que dans les vieilles traditions andines, la très haute montagne est associée au solstice d'été. Les prêtres se rendaient alors sur la montagne la plus haute du monde (vilcanota) que ceux-ci comparaient à la position la plus septentrional du soleil dans le ciel.

Donc comme l'indique le mythe, cela doit se passer 30 jours avant le solstice d'été.

William Sullivan, trouva de l'aide dans sa recherche grâce à des experts du planétarium de Boston. Ils recherchèrent donc l'année om l'on pouvait observer les levers des pléiades un 21 mai. Ils en arrivent à conclure que le rendez-vous entre Lama des pléiades et le Soleil (solstice d'été) se déroule en 650. Et miracle, si on observe le solscitce d'hiver en décembre 650, on s'aperçoit que la constellation du renard a la queue coupée par l'horizon (queue dans l'eau et devient noire dans le mythe).

Mais pourquoi ce mythe? Que se passe-t-il de si important à cette date pour être inscrit ainsi dans un mythe qui nous est parvenu à ce jour? Simplement, ce jour-là, pour la première fois, le lever héliaque de la voie lactée a cessé de se produire lors du solstice d'été. Cette voie lactée qui était pour les peuples andins la mayu (rivière), une passerelle entre le monde des vivants et celui des êtres surnaturels, des ancêtres, des dieux. en 650, cette passerelle entre les 2 mondes rompt pour toujours puisque le soleil du solstice d'été s'est dissocié d'elle lors de son lever et le territoire des dieux est devenu inaccessible. C'est le début de 8 siècles de guerres civiles et la fin d'une longue période de paix et d'harmonie initiée par le mythe de la création (200 ans av J.C.).

Voilà ce qu'annonçait le mythe du lama et du renard.


Mythe: les derniers jours de Viracocha sur terre:
"Viracocha, très âgé, se préparait à quitter la terre. Il rencontra avant le père de Manco Capac ("apu tambo") à qui il confia un morceau de son bâton. Manco Capac deviendra le premier empereur mythique Inca. Ensuite Viracocha quitta le monde par le rivière Cachamarca."

Dans les mythes, les dieux sont souvent associés à des planètes. On attribue Saturne à Viracocha alors que le peuple Inca se considère comme le peuple de Jupiter. La rencontre de Viracocha et le père de Manco Capac devait se traduire par une conjonction de Saturne et Jupiter (a lieu tous les 20 ans).

Après une observation minutieuse de l'année 650, il y a une conjonction entre Jupiter et Saturne au couché du soleil au gémeaux. Il s'agit tout juste de l'endroit exact om se trouve l'entrée du monde surnaturel des dieux. Et exactement, le lendemain matin, apparaît un divorce entre la voie lacté et le soleil contrairement aux années précédentes. Le pont est rompu entre la terre et les dieux. Il est temps pour Viracocha de rejoindre l'autre monde.

Depuis toujours, les peuple andins avaient observé les étoiles et avaient constaté que chaque apparition ou disparition de la voie lactée à partir de 200 av J-C correspond précisément au moment les plus important et souvent dramatique de l'histoire andine, et cela n'avait pas échappé aux Incas. Ces coïncidences entre évènements célestes et faits réels vont mener les incas à croire que l'astronomie détenait le secret de leur destin.

Les incas étudiaient les cieux et ont cru pouvoir relier astronomie et destin. En quête de sens sur la mécanique céleste, il pense pouvoir y lire leur destin.

Autre fait troublant, un siècle avant l'arrivée des espagnols, l'empereur de l'époque fait la prédiction suivante: (5 empereurs me succéderont avant la destruction totale de l'empire. Le cinquième était Atahuallpa (Étymologie : dernier inca du Pérou) lors de la conquête espagnole. Cette prophétie dérange car certains disent qu'elle a été inventée à postériori.

""Au milieu de la voie lactée, un lama se rend à la rivière chacune des nuits et boit tout son contenant d'eau sinon le monde serait noyé"

Depuis toujours, au solstice, la constellation du lama présent dans la voie lactée qui annonce l'endroit où se lève le soleil. En 1432, ce lien entre le soleil et voie lactée n'est plus que ténu. Un siècle plus tard, la voie lactée faussera compagnie au soleil. Ce qui, dans la vision cosmogonique inca, romprait un pont entre le ciel et la terre. Un horrible parallèle avec ce qui s'est passé en 650 se dessine. A l'aube du solstice d'été 1532, la voie lactée a perdu contact avec l'horizon au lever du soleil, c'est alors que les espagnols arrivent.

Le 15 novembre 1532, 170 espagnols en position affaiblie battent 40 000 incas. Les espagnols ne sont que l'instrument du destin. Avant même l'arrivée des conquistadores, les incas avaient vu leurs ruines dans les étoiles et cela les a conduit à leur perte. »


source: top-depart

Aka E
énergie libre

Nombre de messages : 5509

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les secrets des incas

Message par Hagel le Mer 28 Jan 2009 - 12:32

surgit un homme barbu muni d'un bâton.
Pour la remarque historique, les civilisations précolombiennes étaient imberbes.

Le berger convaincu par ses paroles, alla chercher sa famille et se réfugia au sommet de la plus haute montagne en compagnie des animaux sauvages. Il finit par pleuvoir tant et tant que le seul que seul le sommet de la montagne échappa à cette eau.
Doit on y voir une analogie avec l'arche de Noé dans la bible? Un évènement qui se serait produit et décrit par deux civilisations différentes?

En tout cas, super intéressant comme article merci Elda!



GPS du forum: La fonction recherche est une voie prioritaire, la section débuter la bande d'arrêt d'urgence et les dossiers l'autoroute.

Hagel



Nombre de messages : 32793
Pratiques magiques/ spiritualité : Comprendre

http://www.medium-desenvoutement.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les secrets des incas

Message par Aka E le Mer 28 Jan 2009 - 13:40

T'en veux plus????

Pour les motivés, voici la retranscription du documentaire (très intéressant):


LES SECRETS DES INCAS

En 1532, cent soixante-dix aventuriers espagnols abordent les côtes de l'Empire inca. Les conquistadors se disent affectés par une étrange maladie une maladie de cþur que seul l'or peut guérir.

Aujourd’hui l'or a disparu, et aussi l'Empire inca. Les Espagnols ont trouvé le trésor qu'ils convoitaient. Mais peut-être existait-il pour les Incas un trésor beaucoup plus précieux que cet or ! Et ce trésor-là, les Espagnols ne l'ont pas trouvé.

A l'époque où arrivent les conquistadors, l'empire inca dispose d'une armée de plus de cent mille hommes. En face, seulement cent soixante-dix Espagnols peu armés vont pourtant réussir à massacrer sept mille Incas dès la première bataille. Quarante Incas par soldat espagnol.

En cinquante ans, cinq millions de personnes seront exterminées sur une population de sept millions. Comment un empire, comparable à l'Empire romain par son étendue et son haut degré d'organisation, a-t-il été vaincu aussi facilement La version officielle celle des Espagnols- se contente de relater les faits.

A six mille kilomètres de là, et quatre cents ans plus tard, le futur historien Bill Sullivan, alors étudiant, découvre cette version de l'histoire, et il a le sentiment que tout n'a pas été dit. Pendant plus de vingt ans, il va multiplier les allers-retours entre son Massachusetts natal et les montagnes péruviennes, à la recherche d'une vérité plus profonde. Il est persuadé que l'affrontement militaire n'est qu'un élément d'une histoire bien plus obscure : l'affrontement de deux cultures, la collision entre deux façons de voir et d'appréhender le monde, parfaitement incompatibles.

Vous vous souvenez du premier Indiana Jones quand Indie cherche Marianne dans la Casbah Un guerrier soufi arrive et fait un numéro étonnant avec son sabre• Indie soupire d'un air exaspéré et lui tire dessus. Voilà à quoi ressemble la Conquête. La rencontre de deux mondes totalement différents, de deux objectifs diamétralement opposés• et l'un des deux sort forcément perdant.

Pour Bill Sullivan, la force militaire des deux camps n'est pas le facteur déterminant. Le climat psychologique constituerait un élément clé, permettant d'éclairer ces événements. Depuis toujours, Bill est convaincu qu'en pénétrant l'esprit inca pour mieux le comprendre, il découvrira l'histoire cachée des derniers jours de leur civilisation.

Cette quête repose sur une question simple. Quand les Incas découvrent que les barbares sont aux portes de l'Empire, quand ils se rendent compte que la fin approche, que cherchent-ils à sauver Qu'aimeriez-vous laisser à la postérité ? Quel serait votre bien le plus précieux.

Pour les Espagnols, la réponse est évidente : l'or. Mais pas les magnifiques objets d'art inca en or, seulement la matière brute. Leur butin est systématiquement fondu. Seules quelques pièces échapperont aux fourneaux de l'envahisseur.

Les Incas possédaient un trésor plus précieux à leurs yeux que tout l'or du monde. Bill Sullivan croit savoir où il est caché.

Les vingt années passées à étudier les chroniques espagnoles de la Conquête l'ont convaincu de l'existence de documents oubliés qui permettraient d'entrevoir ce monde perdu. Non pas en s'intéressant aux passages maintes fois étudiés par les historiens, aux descriptions des faits et gestes des Espagnols, mais en étudiant les contes populaires incas, également consignés dans ces chroniques et totalement négligés depuis quatre siècles.

Contre l'avis de tous les experts, Bill Sullivan soutient que les mythes une fois déchiffrés révèlent l'histoire secrète de l'Empire, connue à l'origine des seuls grands prêtres incas.

Selon lui, en transmettant ces histoires aux Espagnols les Incas attendaient qu'on parvienne à les déchiffrer dans le futur. Ils voulaient montrer qu'ils n'étaient pas des sauvages, et dire "ce que nous avons édifié, voici nos croyances. Ceci est notre épitaphe. "

De nos jours, on considère souvent ces messages que les mythes font surgir du passé comme fondamentalement dépourvus de sens, comme un folklore poétique né de l'imagination de sauvages. Et c'est dommage• parce qu'on se trompe complètement. Parfois, en décryptant un texte vieux de 1 ou 2 ans, j'ai vraiment l'impression d'accéder à un message qui nous était destiné. Nous sommes infiniment redevables aux Incas, car ils nous ont laissé cette fenêtre ouverte sur le passé.

L'histoire retiendra que ce peuple autrefois si fier fut complètement écrasé, humilié, et sa culture, éradiquée.

Pourtant, si Bill Sullivan a raison, comment un peuple moribond a-t-il eu la présence d'esprit de transmettre un message codé aux générations futures ?

Comme tout le monde, Bill commence ses recherches par l'étude des chroniques espagnoles, qui relatent la traversée de la Cordillère des Andes.

Récit des Chroniques: "Ce pays est très peuplé. En maints endroits, on y trouve des mines. Les Incas possèdent des réserves de combustibles, de maïs et d'autres ressources encore".

L'Empire que découvrent les Espagnols, nous le savons, existe depuis à peine quatre-vingt-dix ans, mais il est l'ultime et la plus grandiose manifestation d'une culture vieille de plus de deux mille ans. Et ce message codé pourrait bien nous livrer la clé de deux mille ans d'histoire andine.

Ces chroniques sont rédigées par des prêtres, des soldats, et des administrateurs de la Couronne espagnole. Bien entendu, chacun le fait sous une perspective différente. Les administrateurs, par exemple, se préoccupent des ressources, de leur localisation, et décrivent toute l'étendue de l'Empire. Pourtant toutes ces chroniques présentent aussi un aspect très humain : on y décèle une curiosité, une fascination pour l'ingéniosité et le raffinement des Incas.

Ils découvrent une culture qui a permis d'unifier des peuples complètement différents, malgré un environnement peu favorable, composé de vallées isolées. À son apogée, l'Empire inca regroupe au moins cent peuplades distinctes vivant et commerçant en bonne entente. De la Colombie au Chili, ce territoire nourrit sept millions de personnes.

Le génie de l'Empire L'idéal communautaire qui constitue la base même du système, grâce auquel la paix régnera dans les Andes durant huit siècles. Contrairement aux autres tribus européennes beaucoup plus instables.

Sans les Espagnols, nous n'aurions peut-être jamais su comment tout cela avait pu exister.

Outre l'inventaire des ressources de l'Empire, les chroniques comportent également les mythes, qui constituent pour Bill Sullivan la clé de la tradition communautaire andine.

Grâce aux transcriptions espagnoles relativement fidèles, ces histoires ont pu nous parvenir, c'est un remarquable service que les Espagnols nous ont rendu. Ils n'ont pas essayé de les comprendre, de les christianiser ou de plaquer un sens religieux occidental sur ces mots. Ils voulaient justement qu'ils paraissent étranges, un monde à part.
Très souvent, le chroniqueur retranscrit littéralement un mythe andin et conclut sur la médiocrité et l'aveuglement de ce peuple dépourvu de raison, donc parfaitement idiot
.

Lorsqu'il se lance dans ce projet, Bill Sullivan passe d'abord six mois en compagnie des Indiens, dans les Andes. Il vit avec eux, apprend leur langue et découvre leurs croyances. À ses yeux, les mythes n'ont jamais été des superstitions sans importance.

Il travaille sur une hypothèse hautement controversée : l'astronomie aurait été largement répandue avant même qu'apparaissent les premiers écrits historiques. Et toutes les grandes civilisations, de la Chine à l'Egypte en passant par l'Inde, auraient utilisé un même code pour perpétuer leur connaissance des étoiles, grâce aux mythes.

Les étoiles fascinent les civilisations anciennes, qui voient le ciel comme nous ne le verrons plus jamais. Nous distinguons seulement quelques étoiles éparpillées, les plus brillantes, mais à l'époque antique, la Voie lactée apparaissait dans toute sa splendeur dans un ciel sans pollution.

Si Bill parvient à prouver que les mythes sont une interprétation codée des évènements astronomiques, toute l'histoire ancienne devra être repensée. Selon lui, l'astronomie inca est l'héritière de cette tradition antique, elle pourrait donc servir de base d'étude.

Les Incas représentent la dernière branche vivante d'un arbre millénaire, qui était peut-être même déjà vieux à l'époque de la construction des pyramides.
Les mythes m'intéressent, j'en avais besoin pour nourrir mon hypothèse de travail, pour montrer qu'il s'agit d'astronomie codée.


Bien que peu conventionnelle, cette idée séduit Bill et il décide de la mettre à l'épreuve des faits. À l'instar des prêtres espagnols avant lui, il se rend dans les villages pour écouter et recueillir les récits de ceux qui connaissent encore les mythes et les étoiles. Et le premier mythe qu'on lui raconte est celui de la création.

Il y a très, très longtemps, un étranger, barbu, de haute taille, apparut au bord du lac Titicaca, un bâton à la main. Il se rendit sur l'île du même nom, au milieu du lac et il ordonna au soleil, à la lune et aux étoiles de surgir. Et ils surgirent. Alors, il modela dans l'argile un homme puis une femme, créant ainsi les ancêtres de chaque tribu des Andes. À chacun de ces couples, il offrit un langage pour communiquer, des graines à planter, des chants et des danses. Enfin, de son souffle, il leur donna la vie puis il leur demanda de se rendre sous terre pour resurgir à nouveau, chacun sur leur territoire.
C'est ainsi qu'ils jaillirent des sources, des arbres, des grottes. On appelle ces endroits les pakarinas, les lieux de la genèse.

C'est une histoire particulièrement intéressante, parce que les Espagnols l'ont retrouvée un peu partout dans les Andes. Chaque tribu a son pakarinas le lieu dont elle est issue et son waka. Le waka est une représentation des ancêtres de chaque tribu sous la forme d'un animal, d'un oiseau par exemple, associée à une étoile des constellations. Ainsi, chaque peuplade se considérait comme descendant des astres, et croyait que la mort vous ramenait aux origines de votre waka, dans les étoiles.
Selon cette métaphore, chaque tribu sur son territoire est comme une constellation dans le ciel. D'ailleurs, ce mythe constitue à lui seul une véritable cartographie de la civilisation andine, dont les peuples, malgré leurs différences, de langues ou de coutumes, étaient tous unis comme les enfants d'un seul et unique créateur.
De même, dans le ciel, chaque étoile est différente des autres, chacune d'entre elles se trouve à un endroit bien précis, et pourtant toutes les étoiles évoluent en harmonie.


Bill Sullivan a raison, l'astronomie est inscrite dans le mythe, elle en est la clé, et elle permet aussi de comprendre l'idéal communautaire qui règne au sein de la civilisation andine.

Dans les Andes, l'astronomie fait partie intégrante de la vie quotidienne. Dieu porte la meule. C'est lui qui moud le grain du destin sur terre.
Et comme il manipule les étoiles dans le ciel, il manipule le destin des peuples sur la terre.

Mais, quand deux cultures aussi radicalement différentes s'affrontent, les vainqueurs ne s'embarrassent pas de ce genre de subtilités.

Les conquérants de l'Empire inca sont les jeunes fils d'une noblesse appauvrie, auxquels l'Espagne n'a rien à offrir.

Mais l'Eglise et la Couronne leur promettent la gloire des conquêtes. Pour Dieu, la conversion des païens, pour le Roi, un empire et son or, et pour eux-mêmes, l'aventure, la richesse et le pouvoir.
Telle est la mission des conquistadors.

En Espagne règne l'Inquisition puissante, dogmatique, fanatique.

Cette Eglise-là proclame que le Soleil tourne autour de la Terre, elle pourchasse ceux qui affirment le contraire et les brûle au bûcher.
L'Eglise réclame des âmes, et le pouvoir séculier, tout aussi avide, convoite un empire. Dieu et le Roi font cause commune.
Pour avoir repoussé les Musulmans hors d'Europe, les armées de la Chrétienté seront payées en or inca.

Dans les Andes, les conquistadors combattent les Incas sous les ordres de Pizarro. En Amérique Centrale, Cortés est à la tête de l'armée qui lutte contre les Aztèques.

Quand Pizarro pose le pied sur le continent, sept millions d'Incas vivent au Pérou cinquante ans plus tard, cinq millions d'entre eux auront péri.

A mesure que progresse la Conquête, les prêtres espagnols imposent aux Incas un catholicisme musclé, pétri de haine pour l'astronomie.

Ils éradiquent systématiquement les croyances ancestrales des indigènes.

Ironie de l'Histoire• La civilisation inca repose précisément sur les croyances que l'Eglise condamne le plus violemment.

Les prêtres étaient très intéressés par la religion, parce que• pour dire les choses crûment• ils avaient l'intention d'en venir à bout, et ils voulaient savoir à quel ennemi ils s'attaquaient. Toute personne soupçonnée de pratiquer l'ancienne religion risquait sa vie. Plus particulièrement la religion "astronomique", qui terrorisait véritablement les Espagnols.

Les indigènes étaient conscients des enjeux, et pourtant ils n'ont pas reculé, ils ont transmis ces histoires car ils savaient qu'elles représentaient l'essence de leur civilisation. Les mythes sont conçus pour traverser le temps.


En fait, les années de travail sur le terrain de Bill Sullivan et d'autres chercheurs ont montré, de manière étonnante, qu'une grande partie de l'astronomie inca a survécu.

J'ai passé six mois sur le terrain, au Pérou et en Bolivie simplement pour découvrir le nom que les paysans indiens donnent aux étoiles. Et quelque soit la région des Andes où ils vivent, la plupart d'entre eux connaissent au minimum une douzaine de constellations, car elles les aident à établir le calendrier des cultures tout au long de l'année.

Aujourd'hui encore, on décide de semer le maïs en fonction d'un ensemble d'étoiles que nous appelons l'amas des Pléiades, mais dont le nom en quechua évoque un tas de graines.

Aka E
énergie libre

Nombre de messages : 5509

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les secrets des incas

Message par Aka E le Mer 28 Jan 2009 - 13:41

C'est cette forme d'astronomie que Bill pense avoir découverte grâce à ses investigations sur le terrain, et qui serait codée dans les mythes. Et cette astronomie, dont la signification a toujours échappé aux Espagnols et à tous les experts depuis lors, serait la clé des secrets de l'Empire inca.

"Nos grands-parents nous ont raconté l'histoire d'un berger• il y a très longtemps. Il avait gravi la montagne pour rejoindre son troupeau de lamas, et il se rendit compte que les animaux ne mangeaient ni ne buvaient. Mais toute la nuit, ils regardaient le ciel, et ils pleuraient. Le berger se mit en colère et demanda ce qui n'allait pas. Il leur dit je vous donne les meilleurs pâturages, l'eau la plus pure, et vous, vous restez assis à pleurer en regardant les étoiles ? ä À ces mots, un lama répondit ã Ecoute-moi très attentivement• ä Le berger fut surpris, car ce lama parlait comme un homme. L'animal poursuivit 'vois ces étoiles, qui s'élèvent au-dessus du mont Vilcacoto. Ces étoiles signifient que dans un mois exactement, un déluge va anéantir le monde."
Le berger crut en sa parole et avec sa famille, il se réfugia au sommet de la plus haute des montagnes, en compagnie des animaux sauvages. Puis la pluie se mit à tomber, et il plut, il plut tant et tant que seul le sommet de la montagne émergeait de toute cette eau. Ils étaient si nombreux là-haut qu'un renard glissa, et mouilla sa queue dans l'eau. Voilà pourquoi, encore à ce jour, les renards ont la queue noire.


Bill donne une lecture astronomique de cette invraisemblable histoire. Grâce à sa connaissance du terrain, il sait, que le "lama" et le "renard" sont aussi des noms de constellations. Voilà son point de départ. Les mouvements des constellations du lama et du renard donneraient-ils un sens à ce mythe.

La particularité de la cosmographie inca tient à son utilisation d'éléments qui n'existent pas dans notre astronomie on les appelle "constellations de nuages noirs". Il s'agit, en réalité, de gros nuages de poussière interstellaire dans la Voie lactée. Ils ont l'apparence de taches très sombres, avec des formes et des noms particuliers. On les distingue bien parce qu'on est en altitude. Grâce aux chroniques, nous savons que les prêtres astronomes se rendaient aux mêmes endroits que les lamas de la légende, c'est-à-dire aux sommets de plus de quatre mille mètres. À cette altitude, le ciel paraît particulièrement éblouissant, la Voie lactée l'illumine comme un néon enfin, j'exagère un peu, mais elle brille énormément. Et ces nuages sont présents, on les voit distinctement.

J'ai essayé d'imaginer ce que le lama aurait pu regarder, quel groupe d'étoiles il aurait pu montrer. Et je me suis dit que peut-être, ce lama était tourné du côté du soleil levant, juste avant l'aube quand les étoiles ont disparu. Alors, cela signifierait que la constellation du lama se couche à l'Est. Et tout à coup, je me suis souvenu de la signification littérale du nom Vilcacoto. Cela veut dire ã le soleil joue dans ces montagnes ä, on peut penser qu'il s'agit d'une description assez généreuse d'un lever héliaque, la dernière étoile visible avant que l'aube n'éteigne la lumière stellaire. Soudain j'ai vu cette image du lama, se couchant à l'Ouest, et des Pléiades apparaissant à l'Est. J'ai consulté une carte du ciel et je me suis rendu compte que c'est précisément le cas• Le lama se couche au moment même où les Pléiades se lèvent.


Le mythe renferme donc au moins quelques éléments d'astronomie. Mais il n'est pas facile de confirmer si les astres ont effectivement eu un jour cette position. Car au fil des siècles, les constellations se déplacent imperceptiblement dans le ciel. À l'endroit où il y a deux mille ans se trouvait le Poisson, on trouve aujourd'hui le Verseau. On appelle ce mouvement la précession. Pour retrouver une position donnée des étoiles cette nuit-là, Bill doit forcer le ciel à remonter le temps.

Pour être honnête, il m'a fallu deux bonnes années avant de parvenir à me représenter la terre au beau milieu de la sphère céleste, surmontée par le plan de l'écliptique et auxquels il fallait encore ajouter la voie lactée. Mais quand j'ai voulu mettre tout ça en mouvement, pour tenter de visualiser la précession, alors là, mon cerveau n'a pas suivi !

Pour remonter le temps, il lui faut l'aide des experts du planétarium de Boston.

Sur place, j'étais très nerveux, parce que depuis deux ans je n'avais cessé de retourner le problème dans tous les sens pour tenter d'y voir clair. J'avais vraiment l'impression d'avoir touché au but j'étais persuadé que cela ne pouvait pas être autrement. Mais si le planétarium ne confirmait pas ce que je pressentais, j'avais brûlé mes dernières cartouches.

J'ai demandé à voir le lever héliaque des Pléiades un 21 mai c'est-à-dire exactement un mois avant le solstice d'été, et on a reconstitué la précession, autrement dit on a incliné la machine. Puis quand on a atteint l'an 650 de notre ère, l'expert m'a dit, voilà votre constellation. Le miracle de la science moderne• J'étais absolument stupéfait.


Et, exactement comme le mythe l'avait décrit, l'amas des Pléiades apparaît à l'horizon en même temps que le soleil. Bien entendu, il pouvait s'agir d'une simple coïncidence•

Mais, si la première partie du mythe évoque le solstice de juin, on peut chercher également le solstice d'hiver. Alors, j'ai voulu voir le lever héliaque de la Voie lactée en décembre 650 et voilà qu'apparaît le renard, l'horizon lui coupant la queue, comme disait la seconde partie du mythe, quand sa queue devenait noire parce qu'elle était plongée dans l'eau.

Ces constellations ont donc bel et bien existé. Bill sait désormais qu'il voit les étoiles exactement comme les avaient vues avant lui les prêtres inca en 650. Mais pourquoi ont-ils ressenti le besoin de créer un mythe ? Était-ce une façon de rappeler un événement qu'ils voulaient commémorer Que s'était-il passé à cette date-là ?

Mayu, autrement dit, "la rivière", ce grand fleuve céleste tenait lieu de passerelle entre le monde des humains et le surnaturel le monde des ancêtres et celui des dieux. Donc, en termes de cosmogonie, l'an 650 marque la disparition du passage vers cet endroit du ciel, vers le pays des dieux. Cela signifie que les dieux quittent la terre pour retrouver leur territoire, une métaphore qui présage un coup sévère porté à la civilisation inca.

Effectivement, selon les données archéologiques, l'an 650 marque le début de huit siècles de guerres civiles. C"est la fin de la longue période d'harmonie entre les peuples évoquée dans le mythe de la création, qui durait depuis environ huit cents ans. Le mythe du lama et du renard en marque la fin.

Je commençais à avoir un étrange pressentiment et à être un peu gêné, parce que tout collait si parfaitement• En fait, quelqu'un d'un peu sceptique pouvait très bien penser que j'avais trouvé au planétarium une date qui m'arrangeait, mais• Tout d'abord, ce n'est pas de cette façon que j'ai procédé, et de plus, un autre mythe est venu confirmer cette théorie sous un angle complètement nouveau.

Après cinq ans de travail acharné, Bill Sullivan a le sentiment d'approcher pour la première fois l'esprit inca. Il commence à comprendre leur conception du monde. C'est le premier pas vers une reconstitution de l'histoire et de la culture inca.

Vers le milieu du XVe siècle, les Incas vivent dans des villes et des cités, payent des impôts, sont régis par des lois et disposent d'un système d'aide sociale.
Après avoir mis un terme à huit siècles de guerres civiles, les Incas ont retrouvé la paix et l'abondance. Ils respectent les différences ethniques et religieuses. Les impôts servent à aider les plus démunis. Et toutes leurs actions sont intimement liées à leurs croyances religieuses et à leurs mythes.

Selon Bill Sullivan, elles sont également indissociables de l'astronomie. Mais pour l'instant, il a seulement réussi à déchiffrer la signification des animaux et des personnages mythiques. Reste que nombre de mythes incas évoquent le dieu Viracocha• Ces mythes-là sont-ils, eux aussi, imprégnés d'astronomie ou bien vont-ils remettre en cause sa théorie

J'ai découvert un autre mythe, qui raconte les derniers jours de Viracocha sur terre.

Viracocha est le père de Manco Capac. Manco Capac est le premier empereur mythique inca. Le dieu qui s'apprêtait alors à quitter la terre, confia à Manco Capac un morceau de son bâton, puis il emprunta la rivière Chakamarka et laissa le monde derrière lui. Or, dans le langage mythique, une règle veut que les Dieux représentent des planètes.

Si les dieux symbolisent des planètes, peut-être allait-il pouvoir interpréter cette histoire de dieu et de roi comme une histoire de corps célestes. Il sait que Viracocha figure Saturne, et que les Incas se considèrent comme le peuple de Jupiter. La rencontre mythique d'un dieu et d'un roi devrait correspondre à une conjonction de Saturne et Jupiter.

Aka E
énergie libre

Nombre de messages : 5509

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les secrets des incas

Message par Aka E le Mer 28 Jan 2009 - 13:42

Quand je suis allé consulter les cartes du ciel, j'avais dans l'idée de trouver une conjonction de Saturne et Jupiter aux alentours de 650 de notre ère. Cela n'aurait pas forcément été très probant puisque le phénomène se produit tous les vingt ans. Mais j'ai découvert qu'en 650, précisément, il y avait une conjonction au coucher du soleil en Gémeau qui selon la cosmogonie, représente l'endroit exact où se situe l'entrée du royaume des dieux. Ainsi, à en croire les planètes, ce mythe confirmait bien celui du lama et du déluge. Donc, pour résumer, à la veille du solstice de juin de l'année 650, il y avait une conjonction de Saturne et Jupiter au coucher du soleil, puis le lendemain matin, quand le soleil est apparu, on pouvait distinguer une coupure très nette entre la Voie lactée et le soleil autrement dit, il était temps pour le dieu de rejoindre son royaume car le pont entre la terre et les cieux avait disparu.

Le lien entre les mythes divins et l'astronomie est donc établi. Et cette légende évoque aussi les évènements de l'an 650.

J'ai dû m'asseoir pour me remettre du choc• C'était comme si quelqu'un s'adressait à moi à travers les âges, depuis l'année 650.

Selon les deux mythes, pour les Incas, les mouvements du ciel étaient liés à une série de cataclysmes sur terre.

C'est un fait chaque apparition ou disparition de la Voie lactée, à partir de l'an 200 avant notre ère, et jusqu'à la Conquête espagnole, correspond précisément aux évènements les plus importants de l'histoire andine, un archéologue pourrait vous le confirmer. Et cela n'avait pas échappé aux Incas.

A cause de ces coïncidences entre faits réels et constellations des étoiles, les Incas ont fini par être persuadés que l'astronomie renfermait la clé de leur destin. La lente évolution des cieux représentait pour eux la fatalité en marche.

Je me suis de plus en plus rendu compte qu'il existait toute une série de correspondances assez troublantes entre la position de la Voie lactée lors des solstices et le déroulement de l'histoire andine. Je ne fais pas d'astrologie, je n'y connais rien et cela ne m'intéresse pas vraiment, mais si on a un penchant pour ce genre de choses - et dans les Andes, les prêtres astronomes en avaient certainement un - ces coïncidences ont dû attirer leur attention.

Nous savons que l'intérêt des Incas pour les étoiles remonte très loin dans le temps, et pas uniquement parce que c'est le plus grand spectacle lumineux qui leur ait été donné de voir. Il est vrai qu'à de telles altitudes, la Voie lactée est particulièrement brillante, et que chaque étoile est clairement visible, mais ce n'est pas la seule explication. Cela va plus loin• C'est une caractéristique innée, propre à l'être humain, d'essayer de comprendre la configuration du ciel. Voilà ce que cherchaient les Incas, et les peuples des Andes en général ils essayaient de comprendre le fonctionnement de la terre en se servant du ciel.


Comme tous les êtres humains, les Incas ne veulent pas vivre dans un monde dépourvu de sens. Ils veulent un monde déterminé suivant la volonté de dieu. Mais à la différence des autres hommes, ils se croient capables de lire cette volonté dans le ciel, ce qui les conduira finalement à leur destin tragique.

Lorsque les Espagnols arrivent, les Incas se livrent à leur destin, ils y voient la manifestation de la volonté de Dieu. Bill en est désormais convaincu. C'est la pièce qui manque à l'histoire communément admise, l'indice qui mène à l'histoire secrète.

Quand on s'intéresse un peu à l'histoire, le récit officiel de la Conquête espagnole semble tout simplement effarant. À tout moment de leur ascension des Andes, les Espagnols auraient pu être arrêtés sans problème. Mais pour une raison inconnue, l'Empereur inca n'en a jamais donné l'ordre.

Les Espagnols eux-mêmes commencent à se demander pourquoi on ne les attaque pas.

Récit des Chroniques: "La route était si mauvaise qu'ils auraient très facilement pu nous anéantir à plusieurs reprises. Même entraînés, nous ne parvenions pas à tenir nos montures sur la route, et ni les chevaux, ni l'infanterie ne pouvaient s'en écarter."

Nous savons très peu de choses sur l'esprit inca. Personne ne sait exactement pour quelle raison l'Inca Atahualpa n'a pas écrasé les Espagnols quand ils étaient vulnérables.

En revanche, nous savons qu'un siècle avant l'arrivée des Espagnols, l'empereur aurait prédit que seuls cinq hommes règneraient après lui ; ensuite, la culture et la civilisation inca seraient totalement détruites. Lors de la Conquête espagnole, le cinquième empereur, le dernier selon la prophétie, est au pouvoir.

Cette prophétie dérange, car certaines personnes pensent que les Incas l'ont inventée après coup pour expliquer leur défaite. On a passé pas mal de temps à déterminer si elle était plausible, crédible ou si, comme certains le croyaient, il s'agissait simplement d'une excuse inventée a posteriori. Finalement, je suis tombé sur mythe, qui dit : dans le ciel, au milieu de la Voie lactée, il y a un lama, qui, toutes les nuits, se rend à la rivière et boit toute son eau, sinon le monde entier serait submergé. Je suis donc allé voir ce qui était arrivé à la constellation du lama dans le ciel de 1432. Concrètement, voici ce qu'il se passait• Imaginons qu'on se tourne vers l'Est. On voyait, au fil du temps, la Voie lactée s'éloigner progressivement de l'endroit où le soleil se levait. Et la prophétie de Viracocha se rapproche, il ne reste plus qu'un siècle avant que la Voie lactée ne fausse compagnie au soleil.

Selon la pensée inca, à l'aube, le soleil doit absolument se lever à l'endroit où la Voie lactée croise l'horizon un lieu signalé par la constellation du lama. En effet, c'est la condition nécessaire, croient-ils, pour que ses rayons forment un pont entre le ciel et la terre.

Aujourd'hui, cela ne nous évoque rien de concret, mais tout avait un sens dans la cosmologie inca. Car ils considéraient la Voie lactée comme un grand passage entre les dieux, les vivants et les morts.

Les Incas se sentent dépendants de ces relations avec les dieux et les ancêtres. Et Bill comprend qu'ils voient là un terrible parallèle. Quand, en 650 après notre ère, la liaison avec le territoire des dieux a été rompue, il s'en est suivi plusieurs siècles de guerres civiles. Huit cents ans plus tard, ce passage vers la terre des ancêtres va à nouveau disparaître quelle catastrophe cela présage-t-il.

J'ai vérifié la carte du ciel de 1432, pour voir ce qu'il s'y passait lors du solstice d'hiver• Et en fait, il ne restait plus qu'un tout petit bout de la Voie lactée en contact avec l'horizon au point où se lève le soleil le 21 décembre. J'ai poursuivi l'observation sur un siècle jusqu'à la Conquête• Et bingo

Au moment même où la Voie lactée n'est plus en contact avec le soleil à l'aube du solstice, les Espagnols arrivent. Le 15 novembre 1532, les cent soixante-dix Espagnols affrontent finalement l'armée de quarante mille Incas.

Récit des Chroniques: "Nous n'avions pas imaginé un seul instant que les Indiens pouvaient rassembler de telles forces. Jusqu'alors, nous n'avions rien vu de semblable dans les Andes. Nous étions tous terrifiés, peu d'entre nous parvinrent à dormir. J'ai vu de nombreux Espagnols, terrorisés, s'oublier sans même s'en rendre compte".

Lors de cette bataille décisive, sept mille Incas sont tués, en une journée. Ils n'ont même pas levé leur arme pour se défendre.

Pour les Incas, la prophétie s'est tout simplement réalisée. Et les Espagnols ne représentent que l'instrument du destin.

Après la bataille de Cajamarca, les Espagnols ne sont plus très loin de la ville sacrée de Cuzco, en quechua, le "l'ombilic" de l'empire inca.

Tous les temples inca incrustés d'or sont pillés et démolis, jusqu'au dernier. Seules demeurent aujourd'hui leurs splendides fondations. Et pour asseoir leur incontestable triomphe, les Espagnols construisent leurs églises à la même place. Le Roi et ses troupes tiennent leur victoire. L'Eglise veut la sienne. Pour sceller la défaite inca, il faut maintenant remporter la bataille des cþurs et des esprits se débarrasser de l'ancienne religion, et imposer le catholicisme. Pour les Espagnols, une page de l'histoire est tournée. L'Eglise a ses âmes, le Roi son or et son empire. Deux cultures se sont affrontées, les Incas ont perdu, noyés dans une vague de progrès. Mais Bill sait bien que l'Histoire est rarement aussi simple. Les Incas et leur culture n'ont jamais complètement disparu. Car les Espagnols n'ont pas remporté l'ultime bataille l'esprit et le cþur inca sont toujours présents.

Les Espagnols ont écrit l'histoire de la Conquête vue par les vainqueurs, mais Bill Sullivan a découvert qu'avant même l'arrivée des Espagnols, les Incas avaient vu leur ruine inscrite dans les étoiles, et cela les avait conduits à leur perte. 48 40

Dans le deuxième film de cette série, nous verrons comment tout au long de l'histoire inca, ce peuple a lutté contre l'inévitable. Pourquoi avoir bâti cet empire Pourquoi avoir sacrifié ses enfants

http://www.3itraductions.fr/3iEN/archive/

En italique les intervensions de Bill Sullivan

Aka E
énergie libre

Nombre de messages : 5509

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum