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Arbre et force du bois

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Arbre et force du bois

Message par Hagel le Sam 5 Avr 2008 - 11:52

Bonjour,

La question qui se pose lors de l'emploi de bois pour un rituel, c'est lequel utiliser?
Voici une première approche symbolique de l'arbre.

Symbolique des arbres:

Le Chêne
Arbre sacré dans de nombreuses traditions, le Chêne est investi de privilèges accordés à la divinité suprême parce qu'il attire la foudre et symbolise la majesté. En tout temps et en tout lieu, le Chêne est synonyme de force et de solidité. C'est du moins l'impression qu'il laisse quand il atteint sa maturité. Ne soyons donc pas étonnés d'apprendre que les termes "chêne" et "force" se traduisent en latin par le même mot: robur, symbolisant autant la force morale que physique.

C'est auprès d'un Chêne qu'Abraham reçut les révélations de Yahvé. Son rôle axial en faisait un instrument de communication entre le Ciel et la Terre. D'après Pline l'Ancien, lequel s'appuie sur l'analogie du grec (drûs), le nom des druides est en relation étymologique avec le nom de Chêne, d'où la traduction hommes de Chêne.
Adoré par les Celtes, le Chêne représentait pour eux l'emblème de l'hospitalité et l'équivalent d'un temple. Ils croyaient ces arbres habités par des nymphes, d'où la création de mesures sévères pour condamner ceux qui les abattaient sans nécessité. Un abattage autorisé conduisait vers des rituels religieux pour permettre aux nymphes de se retirer de l'arbre avant sa chute, afin d'éviter leur vengeance.

L'Acacia
On dit que l'arche d'alliance était en bois d'Acacia plaqué d'or, et que la couronne d'épines du Christ provenait de ce même arbre. Dans la pensée judéo-chrétienne, cet arbuste au bois dur et presque imputrescible, aux épines redoutables et aux fleurs arborant les couleurs du lait et du sang, est un symbole de renaissance et d'immortalité.

Le Peuplier
Cet arbre propre à l'hémisphère boréal tire son nom du mot latin Populus et de l'ancien français
Poplier, deux termes qui signifient Peuple. La légende dit que c'est l'Arbre du peuple puisque ce serait sous des Peupliers que celui-ci prenait autrefois des décisions importantes.

L'Aubépine
On accordait à cet arbre des pouvoirs permettant de détourner la foudre, de conserver la viande, d'empêcher de faire tourner le lait et d'éloigner les serpents; d'où des plantations fréquentes d'Aubépines à proximité des granges et des étables.

Le Saule
Une croix faite avec deux rameaux de Saule, que l'on jetait dans l'eau d'une source sacrée, permettait de connaître l'imminence ou non de sa mort. Une croix flottante annonçait une mort certaine dans les mois suivants. Celle-ci était cependant éloignée si la croix coulait; plus éloignée encore si elle atteignait rapidement le fond de l'eau. Le phénomène apparaît toutefois contradictoire quant à la mort associée à la flottaison plutôt qu'à la disparition de la croix.

L'Amandier
Signe de la renaissance de la nature, cet arbre à la feuillaison printanière est aussi un symbole de fragilité car ses fleurs, ouvertes dès l'arrivée du printemps, sont sensibles au gel tardif. Chez les Grecs, l'amande pressée était comparée à la semence de Zeus, en tant que puissance créatrice. On affirme même que l'Amandier remonte directement à ce Dieu et que son fruit peut
féconder une vierge indépendamment de l'union sexuelle. Selon une croyance qui tient encore en Europe, la jeune fille qui s'endort sous un Amandier en rêvant à son fiancé, peut soudainement se réveiller enceinte.

Le Bouleau
La littérature est peu bavarde sur la symbolique du Bouleau. Pourtant, les chamans de la Sibérie vantaient les vertus thérapeutiques de cet arbre des régions froides et tempérées. Ils n'hésitaient pas à monter dans ses branches pour mieux entrer en contact avec les Dieux de l'autre monde.
On peut également s'interroger sur les raisons inconscientes qui font autant apprécier le Bouleau comme arbre d'ornement, une essence qui, pourtant, ne possède pas une grande espérance de vie et qui, mis à part sa beauté esthétique, offre plus d'inconvénients que d'avantages en ornementation. S'agit-il de sa blancheur, un symbole de pureté, ou de l'extrême finesse de sa ramure qui rend cet arbre si attirant?

Le Cyprès
Cet arbre sacré chez de nombreux peuples, grâce à sa longévité et à sa verdure persistante, est également nommé "Arbre de vie", à l'instar du Thuya. Chez les Grecs et les Romains, le Cyprès est en rapport avec les divinités de l'enfer. Il est l'arbre des régions souterraines, d'où sa présence remarquée dans plusieurs cimetières du bassin de la Méditerranée.

Le Pommier
Le Pommier se trouve au centre de plusieurs croyances, dont celles de procurer la sagesse, d'améliorer les connaissances et d'acquérir l'immortalité. Son fruit est identifié depuis très longtemps comme un fortifiant et comme un remède préventif contre la maladie. À cet effet, souvenons-nous du vieux proverbe anglo-saxon: "An apple a day keeps the doctor away".

Le Sapin
On dit que le Sapin empêchait la foudre de tomber et conjurait les mauvais sorts. En Allemagne, on flagellait autrefois les femmes durant le mardi gras, avec des branches de cet arbre, dans le but de leur permettre d'avoir des enfants.

L'Olivier
La richesse symbolique de cet arbre est abondante: récompense, purification, force, paix, victoire, fécondité. Consacré à la Déesse grecque Athéna, l'Olivier l'était également au Dieu romain Jupiter. Comme symbole de paix, il faut se rappeler que vers la fin du déluge, une colombe rapporta une branche d'Olivier vers l'arche de Noé. Selon une vieille légende, la croix du Christ était fabriquée de Cèdre et d'Olivier. Dans le langage du Moyen-âge, cet arbre symbolisait l'or et l'amour.

Le Frêne
À l'instar du Chêne, le Frêne est un symbole de solidité puissante. On en faisait des hampes de lances. Dans les traditions scandinaves, cet arbre symbolise l'immortalité et sert de lien entre les trois niveaux du cosmos. Dans les anciens pays baltes, l'homme étourdi et un peu niais est qualifié de frêne car il est considéré comme aveugle. En effet, ne sachant pas quand vient le printemps, il reste longtemps dénudé. Tandis qu'à l'automne, craignant de paraître ridicule à
nouveau, il est le premier à se dépouiller rapidement de toutes ses feuilles.
Dans l'Europe nordique, le Frêne est le symbole de la fécondité. Il est perçu comme l'arbre de la féminité car c'est dans sa ramure qu'une femme peut suspendre certaines amulettes qui font battre le coeur de l'homme qu'elle désire.

L'Orme:
Cet arbre a toujours détenu des pouvoirs surnaturels. Dans la France du Moyen-âge, il était appelé "l'arbre de la justice" parce que c'était sous sa canopée que les seigneurs et les juges rendaient leurs jugements. On savait l'Orme capable de guérir diverses maladies cutanées, dont la lèpre. Les guérisseurs enlevaient des morceaux d'écorce d'Orme pour concocter des remèdes contre le rhumatisme. On attribue à trois Ormes plusieurs fois centenaires et situés dans le département de la Somme, le pouvoir d'avoir détourné la peste d'un village de cette région de la France, alors que des villages voisins étaient sévèrement touchés par le terrible fléau.

Source: La symbolique des arbres
Texte de Pierre-Émile Rocray, ingénieur forestier et responsable de la Maison
de l'arbre du Jardin botanique de Montréal


Dernière édition par Hagel le Ven 11 Sep 2009 - 15:35, édité 1 fois




Eliphas Levi:
"le magicien dispose d'une force qu'il connait, le sorcier s'efforce d'abuser de ce qu'il ignore"

Pas d'entraide par MP, merci

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Re: Arbre et force du bois

Message par Hagel le Ven 11 Sep 2009 - 15:31

Les arbres et les religions

En Inde, le figuier cosmique, Asvattha (ou arbre Pippal, ficus religiosa) est le représentant sur terre de Brihaspati, qui n'est autre que Jupiter. C'est un arbre hautement sacré, car il est dédié à la trimurti (trois dieux) : Brahmâ, Shiva, Vishnu. On l'honore plus particulièrement pendant le mois de Shravana (juillet-août). C'est à l'ombre de son feuillage que Siddhartha, le bouddha historique, atteignit l'Éveil. Il abrite l'âme des défunts, et on lui rend un culte de fécondité et de fertilité. On se sert de son bois pour allumer le feu sacré.

Mircea Eliade évoque un culte des arbres, liés aux dieux Attis et Cybèle, en Grèce antique. Une confrérie dite des « dendrophores » (étymologiquement « porteurs d'arbres ») « amenait de la forêt un pin coupé (arbor intrat). Le tronc était enveloppé de bandelettes, comme un cadavre, et au milieu était attaché une image d'Attis. L'arbre représentait le dieu mort. » Ces processions avaient lieu lors de fêtes à l'équinoxe de printemps, du 15 au 23 mars.

Dans le judaisme et le christianisme, deux arbres imaginaires et sacrés sont importants, et reliés au Paradis : l'arbre de la connaissance du bien et du mal, l'arbre de vie.

"L'Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal... L'Éternel Dieu prit l'homme et le plaça dans le jardin d'Éden... : 'Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car, le jour où tu en mangeras, tu mourras.'" (Genèse, II).

Dans le druidisme
Célèbre est le passage de Pline l'Ancien sur les druides et le chêne.

"On ne doit pas non plus oublier à ce propos l’admiration qu’ont les Gaulois [pour le gui]. Les druides – c’est ainsi qu’ils appellent leurs mages – n’ont rien de plus sacré que le gui et l’arbre dans lequel il croît, à condition que celui-ci soit un rouvre … Mais celui-ci est extrêmement rare à trouver, et, en a-t-on découvert, on le cueille en grande pompe religieuse, surtout le sixième jour de la lune qui marque pour eux les débuts des mois et des années et du siècles au bout de trente ans, parce qu’elle aurait déjà assez de force, sans être en son milieu. Ils appellent [le gui] dans leur langue « celui qui guérit tout ». Après avoir préparé au pied de l’arbre et selon les rites le sacrifice et le repas religieux, ils amènent deux taureaux de couleur blanche dont les cornes sont attachées pour la première fois. Un prêtre paré d’un vêtement blanc monte dans l’arbre, avec une serpe d’or il coupe le gui : celui-ci est recueilli dans un sayon blanc. Ensuite ils immolent les victimes en priant le dieu de faire ce présent propice à ceux à qui il l’a donné. » (Pline, Histoire naturelle, XVI, 250).

les arbres pour la divination
Dans la Grèce antique, Dodone était un sanctuaire oraculaire dédié à Zeus et à la Déesse-Mère, révérée sous le nom de Dioné. C'était le plus vieil oracle grec, d'après Hérodote, remontant peut-être au IIe millénaire av. J.-C., et l’un des plus célèbres avec ceux de Delphes et d’Ammon. Les prêtres et les prêtresses du bosquet sacré interprétaient le bruissement des feuilles de chêne sous le vent.

source: wikipédia

Bien à vous




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Re: Arbre et force du bois

Message par Invité le Mar 20 Juil 2010 - 13:50

Je rajouterais un arbre oublié et presque disparu en France :


SORBIER :
latin
Sorbus indo-européen
Al (Alisier)
celte Luis
anglais Rowan
allemand Alse néerlandais
Lijsterbes(senboom)
italien Sorbo
espagnol Serbal
Botanique:
Le genre Sorbier comprend trois espèces principales, assez différentes, qui sont fréquemment confondues.
Le Cormier ou Sorbier domestique (Sorbus domestica L.) avec des fruits ressemblant à de petites poires (Cormes)
Le Sorbier des oiseleurs ou Sorbier des oiseaux (Sorbus aucuparia L.) avec des fruits en forme de grappes de baies rouges, régal des oiseaux qui trouvent cette nourriture tout au long de l'hiver.
L'Alisier blanc (Sorbus aria Crantz) dont le fruit ressemble vaguement à une cerise. Il a des feuilles simples alors que les deux autres ont des feuilles composées. Il existe de nombreuses autres espèces et beaucoup d'hybrides.
Ce sont des arbres de montagne atteignant 2000 m d'altitude.
Le nom Sorbier vient du gaulois sor (rude) et mel (pomme)
Usages

LE BOIS est dur et homogène, presque aussi dense et compact que le Buis, prenant un poli superbe. C'est le bois utilisé pour confectionner des pièces mécaniques soumises à des frottements (engrenages, vis, navettes, rabots). Utilisé aussi pour la sculpture délicate et la gravure.

PHARMACOLOGIE : Très astringent, c'est le remède des diarrhées et de tous les "relâchements de chairs".
Parfois cité comme diurétique.

FRUITS : Les cormes ne peuvent se consommer que blettes, après que les gelées sont passées. On les conservait sèches et en "farine" incorporée au pain. Les fruits du Sorbier des oiseaux se consomment préférentiellement en gelées. Les cormes permettent de faire une boisson fermentée, lointaine parente du cidre, appelée "curmi". (Le mot cuirm veut dire bière en irlandais).


Symboles /mythes/légendes
Les trois arbres véhiculent les mêmes croyances.
Le Sorbier est l'arbre de vie ou "donneur" de vie. Familièrement on l'appelait " le sorcier". Les baies du Sorbier des oiseleurs étaient la nourriture des dieux. C'est un talisman contre la foudre et, par extension, contre les sortilèges.
Il est magique pour les Celtes et les Germains. La "main de sorcière", utilisée pour découvrir les métaux était toujours en Cormier. Le fouet au manche de Sorbier permettait de dompter les animaux ensorcelés. Les agneaux devaient passer dans un cercle en Sorbier dès leur naissance et un bâton de même essence était planté au milieu des pâturages pour protéger les troupeaux.
On le trouve en abondance autour des cromlechs ou des lieux où se pratiquait la divination. Le mois du Sorbier du calendrier celte inclut la fête de la Chandeleur, au 2 février. C'est une fête du feu et de la lumière.
Le Sorbier des oiseleurs est lié à l'idée de deuil, dont la couleur était le rouge en Bretagne et en Grèce dès le néolithique (à cause des baies ?)

Source: mythes_arbres_europe.

PS: Si vous possédez cet arbre chez vous je recherche de bouttures.merci.
love

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