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Hestia [déesse grecque]

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Hestia [déesse grecque]

Message par Lya le Ven 1 Mar 2013 - 22:14


Hestia, ou Histié


Hestia est une déesse méconnue, souvent oubliée au profit de Vesta, mais elle reste néanmoins une déesse majeure du panthéon grec. On dit souvent que Vesta s'apparente à la personnalité de l'Hestia grecque, mais que son caractère est plus marqué et populaire, ne serait-ce que par la formation du cadre religieux qui l'entoure : Arrow Les Vestales.
Néanmoins, les deux déesses ne recoupent pas la même réalité : chez les Romains, la protection de Vesta s'étend à l'Etat seulement, tandis que chez les Grecs, Hestia veille sur la cité et sur le foyer, la famille.

Nous nous intéresserons ici plus particulièrement à Hestia.


La signification de son nom


Son nom de "Histié" que lui donne Hésiode est une variante du dialecte ionien. Étymologiquement, le mot, de racine indo-européenne, signifierait pour certains "brûler", pour d'autres "demeurer".

Euripide, Aristophane, Platon emploient fréquemment le verbe estiaô qui signifie "recevoir dans son coeur, dans sa maison, à sa table".

Hestia est aussi un nom commun qui désigne le foyer, dans toutes ses acceptions.

On retrouve dans les écrits de Platon une discussion sur le sens de son Nom. En voici l'extrait.
Cratyle, de Platon a écrit:SOCRATE.
Ne commencerons-nous pas par Hestia, suivant le rite consacré ?

HERMOGÈNE.
Rien de plus juste.

SOCRATE.
Quelle pouvait être la pensée de celui qui a donné à cette déesse le nom de Hestia ?

HERMOGÈNE.
Par Jupiter, c'est ce qui ne me paraît pas facile à deviner.

SOCRATE.
Il semble, cher Hermogène, que ceux qui les premiers instituèrent les noms n'étaient pas de médiocres esprits, mais plutôt de sublimes penseurs et des raisonneurs subtils.

HERMOGÈNE.
Pourquoi cela ?

SOCRATE.
C'est que l'établissement des noms ne me semble pouvoir être rapporté qu'à de pareils hommes. Et si l'on étudiait les noms étrangers à ce pays-ci, on trouverait également à chacun une signification. Par exemple, pour celui dont nous parlons, remarquons que ce que nous appelons οὐσία, l'essence, s'appelle en d'autres contrées έσία, et ailleurs encore ὠσία. D'abord on peut admettre que du second de ces trois mots on a tiré le nom de l'essence des choses, Ἐστία. Et si nous appelons Ἐστία ce qui participe de l'être, οὐσία, il s'ensuit encore que Hestia a été bien nommée; car nous aussi, à ce qu'il paraît, nous avons dit primitivement ἐσία pour οὐσία. En outre, si on fait attention aux cérémonies des sacrifices, on pourra se convaincre que telle était la pensée de ceux qui ont institué le nom d'Hestia. En effet, il était naturel que Hestia fut invoquée avant tous les dieux dans les sacrifices, par ceux qui avaient ainsi appelé l'essence de toutes choses. Quant à ceux qui lui ont donné le nom d'ὠσία, ils auront peut-être pensé, avec Heraclite, que tout passe et que rien n'est stable; et le principe d'impulsion, τὸ ὠθοῦν, étant la cause de ce flux perpétuel, ils ont dû trouver juste de le nommer ὠσία. Mais en voilà assez là dessus pour des gens qui ne savent rien.

Origine Mythologique


Déesse grecque du foyer, Hestia est mentionnée pour la première fois chez Hésiode.
Elle est la fille de Rhéa et Cronos : "Cédant à l'amour de Cronos, Rhéa eut de lui d'illustres enfants, Hestia, Déméter, Héra à la chaussure d'or, le redoutable Hadès aux demeures souterraines, au cœur inflexible, l'impétueux et bruyant Poséidon, le sage Zeus, père des dieux et des hommes, qui de sa foudre ébranle la vaste terre". (Hésiode, Théogonie)
Elle appartient à la génération des douze grandes divinités de l’Olympe, les autres étant Zeus, Héphaïstos, Poséidon, Héra, Hermès, Arès, Artémis, Athéna, Apollon, Aphrodite et Déméter.

Selon Hésiode, Hestia est l'aînée des Olympiens et, de ce fait, la plus sacrée, l'Augusta, considérée comme la "plus ancienne et la plus vénérable" des douze dieux olympiens. Mais elle est aussi la dernière car, avalée par Cronos la première, elle en ressortit après tous les autres lorsque Zeus, son frère, s'empara du pouvoir suprême.
Hymne homérique à Aphrodite I, 22. a écrit:Ce n'est pas davantage la Vierge vénérée qui se complaît aux travaux d'Aphrodite, Histié, que le subtil Cronos engendra la première [...] et aussi la dernière, selon le dessein de Zeus qui porte l'égide.
Hestia est d'abord et avant tout vierge. Elle formera, avec Artémis et Athéna, un trio sur lequel Aphrodite n'aura pas d'emprise et qui résistera à toutes les tentations amoureuses. Refusant les avances de Poséidon et d'Apollon, elle choisit délibérément la virginité, et fait approuver son choix, comme on le raconte dans l'Hymne homérique à Aphrodite, "en touchant la tête de Zeus qui porte l'Egide". En signe d'assentiment à sa requête, le Père des dieux et des hommes l'installe au centre de la maison où elle "trône" en gloire. "Tu as reçu en partage l'honneur et le privilège d'y siéger à jamais." (Hymne homérique à Hestia, I, 2.)

On dit que l'âne lui est lié, puisque c'est cet animal qui l'aurait réveillée au moment où Priape allait la violenter, profitant du sommeil d'Hestia. Le braiment de l'âne aurait ainsi mis le dieu en fuite, permettant à cette vierge de préserver sa vertu.

Hestia est reconnue comme n'ayant jamais participé à aucune guerre ou querelle, ce qui la différencie des autres dieux. N'étant en rivalité avec aucune autre déesse et ne briguant aucun pouvoir, elle ne quitte pas l'Olympe (contrairement aux autres divinités qui rendent fréquemment visite aux humains) et en est la gardienne.

Cependant, ses qualités essentielles, virginité et immobilité, lui donnent de fait une envergure moins étendue qu'à ses frères et soeurs. Si elle semble ignorée d'Homère, Hésiode, pour sa part, lui attribue des épithètes vertueuses : divine déesse, notre déesse, soeur de Zeus le Très-Haut, patronne des prytanées, maîtresse du ciel et de la terre, vierge vénérée, déesse vénérée.
Hestia laissa sa place à Dionysos pour permettre son admission au sein des douze grands dieux, et fut ainsi reléguée au deuxième plan.

Ses représentations


Malgré sa popularité et son importance dans le panthéon, Hestia a laissé peu de représentations iconographiques, à tel point que certains ont considéré qu’elle n’était pas représentée, le foyer seul suffisant à indiquer sa présence.
Néanmoins, on peut trouver plusieurs représentations de cette déesse. Les plus anciennes apparaissent au début du VIe siècle av.JC sur des vases athéniens. Hestia y est figurée debout dans des cortèges nuptiaux, et seule une inscription permet de la distinguer des autres déesses.
Elle se trouve souvent aux cotés de Zeus ou d’Hermès, et apparaît aux cotés des autres Olympiens sur des autels ou des reliefs sculptés d'époque hellénistique et romaine. Elle est alors assise sur un autel rond ou sur un omphalos. Plusieurs textes font également état de statues d'Hestia de ce type.

Elle possède plusieurs attributs. Elle est toujours représentée voilée ou diadème et portant une longue robe austère. De plus, dans l'antiquité, Pindare considère que le sceptre est son symbole ; la colonne a aussi été reliée à Hestia, de même que la phiale (une coupe sans pied ni anse, généralement en métal précieux, destinée aux libations) et les deux candélabres qui l'encadraient parfois. Ces deux flambeaux seraient, selon Charles Picard, le soleil et la lune, éléments qui accentuent l'impression d'immuabilité de la Déesse. Ces symboles de forme arrondie se perpétueront jusqu'à l'époque romaine : l'autel rond du temple des douze dieux à Ostie, le Dodékathéon, et le temple de Vesta à Rome.


Hestia l'immuable


Le fait qu’Hestia ait été ‘rétrogradée’ lors de l’arrivée de Dionysos dans le panthéon est parfois considéré comme la preuve que son rôle, même s’il ne doit pas être sous-estimé, est d'un ordre différent de celui des autres divinités. En effet, elle est le symbole helléniste d'un principe abstrait : l'idée du foyer, centre de la maison, elle-même centre de la cité, qui est le centre du pays, pays au milieu de cette terre qui est elle même centre de l'univers. Hestia est donc considérée comme le centre de l'univers, et c'est pourquoi on l'honore dans toutes les demeures des hommes et dans celles des dieux.

Incarnation du foyer, de la flamme sacrée qui brûle sans discontinuer dans les demeures et dans les temples, et qui les purifie, Hestia est considérée comme la protectrice des familles, des villes et des colonies. Quand les habitants fondaient une nouvelle colonie, ils emmenaient une parcelle du feu d’Hestia disposé dans son foyer civil pour que ce feu puisse brûler également dans la nouvelle patrie. Hestia, toujours immuable et inchangée, symbolise de ce fait la pérennité religieuse et sociale, la continuité d'une civilisation et de ses lumières au mépris des émigrations, des destructions, des révolutions et des vicissitudes des temps.
Inscrite au centre du monde par Platon, elle est une réalité immuable et stabilisatrice.

Le foyer étant également le centre de la maison, Hestia est aussi le "centre religieux de la demeure divine". Pilier central et stable de la famille divine, une autre facette de sa personnalité est donc l'immobilité : en effet, tous les habitants de l'Olympe se permettent de nombreuses escapades chez les mortels, excepté Hestia qui, pour reprendre les mots de Platon dans le Phèdre, "reste à la maison des dieux, toute seule".


La protectrice de la maison et de la famille


  • Le groupe familial

Le feu est considéré comme féminin et son culte, domestique ou officiel, est confié à la maîtresse de maison ou à des collèges de prêtresses. Sur terre il est la représentation de la femme, de la mère. Le foyer est l'ombilic autour duquel se réunissent les membres d'une même lignée.

Selon certains auteurs, Hestia représente le fondement des êtres. Ovide, faisant parler Vénus à propos de la mort présagée de Jules César, en appelle à la déesse Vesta : "Détournez-les (les épées criminelles), je vous en supplie, empêchez un tel crime, n’éteignez pas dans le sang de son prêtre les feux de Vesta. " ( Jules César était le chef suprême des Vestales.)
Certains considèrent que ce vers met en avant un autre rôle : la gardienne du feu, est par là même gardienne du sang, entendu comme race, lignée. Elle est totalement vouée à cette race et ne peut prétendre s’en échapper.

Hestia possède aussi une force protectrice qu’elle exerce au profit du foyer. Celle-ci n'est pas seulement physique, elle est aussi spirituelle, comme tend à le démontrer la prière d'Alkestis, mourante, qui lui confie ses enfants.
Euripide, Alkestis, 163-166 a écrit:Maîtresse, puisque je descends sous la terre, pour la dernière fois à genoux je t'adresserai ma requête : veille sur mes enfants orphelins. Unis l'un à une épouse qu'il aime ; à l'autre donne un noble époux.
En outre, en tant que divinité de la famille, Hestia présidait à la fête de la purification de la mère après les couches, mais aussi des sages-femmes et de l'enfant par le feu du foyer.


  • Hestia, l’espace clos vs le mouvement - La place du mariage

Hestia occupe une place importante dans la religion domestique. Confinée à l'intérieur, gardienne du patrimoine familial, elle représente le monde féminin, immobile, par opposition à Hermès, symbole du mouvement et du monde extérieur réservé aux hommes. Elle est le point central et fixe de la maison, et représente la permanence spatiale. La maison se dit en grec oikos, mot qui désigne tant l’habitat que le groupe humain qui y réside. Le statut virginal d’Hestia, lié à l’oïkos, ajoute une dimension temporelle et sociale à la permanence spatiale. En accédant au mariage, la femme change de foyer, s’intègre dans un groupe étranger et donne naissance. En restant vierge, elle demeure dans sa maison natale, égale à elle-même, elle n’accède pas à la mobilité propre à la femme qui, pour se marier, doit changer de foyer.

Mais en même temps qu'elle est le dedans, le clos sur soi, le lieu de la thésaurisation, où la réalité du groupe enfonce ses racines, Hestia s'ouvre par son complice Hermès au dehors, aux étrangers de passage, à la circulation des richesses, au réseau des alliances, à cette organisation de l'espace qu'implique en Grèce le caractère patrilocal du mariage. Jannie Carlier définit ainsi sa place dans le monde du mariage :
Divinité du foyer domestique, fixée définitivement dans un statut virginal, Hestia définit tout un aspect du mariage en Grèce, de ce mariage auquel, paradoxalement, elle a renoncé pour toujours. En contraste avec Hermès, le dieu de l'espace ouvert, du passage et des échange, Hestia délimite l'espace du dedans, celui du monde féminin, que la nouvelle épouse, une fois installée dans la demeure de son mari, va perpétuer, maintenir dans sa continuité, en devenant en quelque sorte comme la fille de la nouvelle maison et du feu domestique, confiés à ses soins.
Sous le signe d'Hestia, le groupe familial pense son unité comme un cercle qui en son centre se ferme sur lui-même et qui traduit l'exigence autarcique du groupe domestique.

Cette déesse préside aux rites d'intégration au groupe familial, notamment au mariage et à l'amphidromie, présentation du nouveau-né au foyer paternel.


  • Les repas

En tant que déesse du foyer et de la famille, elle préside également à la confection du pain et des repas familiaux. La préparation des banquets était également et naturellement mise sous sa bienveillance, et les invités de marque lui étaient présentés. Elle représenterait de ce fait l'hospitalité.

Elle protège le foyer domestique, lieu de rencontre par excellence, lieu de réjouissances et de fêtes. L'hymne homérique à Hestia en fait foi :
Hymne homérique à Hestia a écrit:Sans toi, il n'est pas de festins chez les mortels, il n'en est point qu'on ne commence sans offrir à Hestia, a première et la dernière à la fois, un libation de vin doux comme miel.


La protectrice de la cité


Hestia est vénérée comme la protectrice des villes et des colonies. En effet, comme vu précédemment, lorsque les Grecs voulaient fonder une colonie ils emportaient avec eux un peu du feu d'Hestia afin de pouvoir allumer le foyer de la nouvelle cité.

Hestia est donc également au coeur de la cité dont elle est le symbole. Son culte public se retrouve dans toutes les cités. Elle est la patronne des magistrats dont elle légitime le pouvoir, et plus particulièrement des archontes à Athènes et des prytanes. Ce culte civique, exclusivement masculin, avait lieu dans le prytanée. De nombreuses processions commençaient dans ce foyer-autel, et de fréquentes cérémonies, assez mal connues, s'y déroulaient.

L'Hestia publique s'inscrit dans la continuation de la divinité du foyer royal, au coeur du palais mycénien. Elle joue dans la cité un rôle en partie analogue à son rôle domestique : les éphèbes athéniens sacrifient au Foyer lors de leur intégration au corps civique, et les hôtes de marque sont invités à dîner dans l'hestiatorion (la salle de banquet) du pryanée.

On peut également noter que si un étranger errant sollicite sa bienveillance en tant que déesse de la cité, elle lui accordera l'asile.


Le rôle du feu


Hestia est intimement liée à la puissance du feu, à un point tel que pour indiquer que le feu pétille, on dit, comme le rapporte Aristote : "Hestia vit."

Son action n'est cependant pas liée à la seule préparation de la nourriture : elle est la flamme qui monte vers le ciel et porte aux divinités l'offrande consacrée. Elle est la déesse du feu en tant que véhicule du sacrifice, de l'offrande. "Sacrifier à Hestia la première est légitime pour ceux qui ont appelé Hestia l'universalité des existences" (Platon, Cratyle, 401A).
C’est également ce statut particulier qui lui permet de recevoir une partie de chaque sacrifice opéré aux dieux via ses flammes.

Ce rôle d’Hestia en tant que feu rejoint ce qui a été expliqué dans Arrow le dossier sur les offrandes, dans la partie portant le même nom.


Son culte : usages et offrandes


Il semblerait qu’Hestia, dont le culte fut probablement importée de Perse, ait fait partie des grands Pénates de Troie avec Pallas. Elle ne possède pas de lieux de culte personnels hormis les demeures des hommes et le foyer public du prytanée. Néanmoins, elle bénéficie, par association à d'autres divinités (en particulier Apollon ou Hermès) des hommages qui leurs sont rendus. Les récits mythologiques nous offrent une explication à cette exception : c’est Zeus qui lui a accordé ce privilège.
Hymne homérique à Aphrodite a écrit:Jamais, non plus, les travaux d'Aphrodite ne plurent à la vénérable Vierge Histiè, qu'engendra la première le subtil Kronos, et qui fut ensuite vénérée par la volonté de Zeus tempétueux, et que recherchèrent Poseidaôn et Apollon. Mais elle ne voulut pas, et elle refusa fermement, et elle jura un grand serment qui s'est accompli, ayant touché la tête du Père Zeus tempétueux, de rester toujours vierge et la plus noble des Déesses. Et le Père Zeus lui fit un beau don, au lieu des noces : elle possède la graisse des victimes offertes, assise au milieu de la demeure (du foyer). Dans tous les temples des Dieux elle a d'abord droit aux honneurs, et de tous les Dieux elle est la plus honorée parmi les hommes mortels.
Elle veille particulièrement sur le sanctuaire d'Apollon à Delphes :
Hymne homérique à Hestia II a écrit:Hestia qui, dans la divine Pythô, prends soin de la sainte demeure d'Apollon, le Seigneur tout-puissant, une huile fluide coule toujours de tes cheveux tressés
L'Hymne d'Aristonoos lui prête même le laurier d'Apollon. A Délos, où se trouve un autre célèbre sanctuaire d'Apollon, on raconte qu'y trônaient les statues d'Hestia et d'Apollon, tous deux représentés assis sur l'omphalos.
Pausanias, géographe et historien du IIe siècle après JC, nous raconte dans sa Description de la Grèce, que le sculpteur Phidias avait représenté Hestia et Hermès sur une fresque de Zeus à Olympie.

C'est dire qu'Hestia, même si elle ne possède pas de sanctuaire proprement dit, est quand même objet d'une vénération et d'un culte dans les grands centres religieux de l'Antiquité.


Les hommages domestiques prennent une grande place dans son culte. Elle préside à tous les sacrifices concernant le feu du foyer, et est la première à être invoquée et à recevoir sacrifices et libations. On lui adressait des prières avant et après le repas. Elle est réputée apprécier les libations d'eau, d'huile et de vin (du vin doux, probablement mêlé de miel) et des génisses d'un an, et il serait d’usage de lui accorder une partie du repas préparé sous sa bienveillance.
Néanmoins, dans le culte privé, on dit qu’il ne faut donner aucune portion des offrandes à une personne étrangère à la maison, Hestia représentant le cercle clos du foyer.

De plus, Caton l'Ancien, vers le milieu du IIe siècle avant notre ère (De re rustica, 43), recommande à la maîtresse de maison de faire le tour de son foyer chaque soir et d'y déposer une couronne de fleurs chaque mois, aux calendes, aux Ides et aux Nones, ainsi qu'aux jours de fête.


Afin de lui rendre hommage, certains récitent les hymnes qui lui sont consacrés.

Voici l’hymne orphique à Hestia :
Hestia, Reine, fille du puissant Kronos, qui gardes au milieu de ta demeure le très-grand Feu éternel, fais que ceux qui initient à tes mystères soient toujours forts, riches, joyeux et chastes ! Toi qui es le fondement inébranlable des Dieux heureux et des mortels, éternelle, aux mille formes, très désirable, au corps élancé, viens, Bienheureuse ! Reçois favorablement nos sacrifices, donne-nous les richesses et la douce santé.
Et voici l’intégralité de l’hymne homérique dédié à Hestia et Hermès:
Histiè, qui, dans les hautes demeures de tous les Dieux immortels et des hommes qui marchent sur la terre, as reçu en partage un siège éternel, honneur antique ! Tu as cette belle récompense et cet honneur, car, à la vérité, il n'y aurait point sans toi de festins chez les mortels. C'est par Histiè que chacun commence et finit, en faisant des libations de vin mielleux.

Et toi, Tueur d'Argos, fils de Zeus et de Maia, Messager des Bienheureux, qui portes une baguette d'or, dispensateur des biens ! sois-moi propice ! Vous habitez tous deux de belles demeures qui vous plaisent à l'un et à l'autre. Sois-moi propice, avec la vénérable et chère Histiè ! Tous deux, en effet, vous savez les beaux travaux des hommes terrestres, et vous êtes les compagnons de l'esprit et de la jeunesse.

Salut, fille de Kronos ! Et toi, Hermès à la baguette d'or ! Je me souviendrai de vous et des autres chants.


Bien à vous.


Sources
Spoiler:
Cassia et le culte de Vesta
Cratyle, de Platon
La théogonie d'Hésiode

Article de Gaëlle Coqueugniot dans le Dictionnaire de l'antiquité, PUF, 2005
Dieux et mythes de la Grèce ancienne: la mythologie gréco-romaine, Jacques Désautels
Hymnes Homériques, Traduction de Leconte de Lisle, 1868
Hymnes Orphiques
Mort et vie, Pierre Erny,Volker Stamm


Dernière édition par Lya le Dim 3 Mar 2013 - 19:22, édité 1 fois


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Re: Hestia [déesse grecque]

Message par Invité le Sam 2 Mar 2013 - 15:49

Bonjour à toi,

Une agréable découverte et un enchantement d'avoir pu entendre parler de cette déesse, que je ne connaissais pas avant grâce à toi. Merci pour ce partage, et pour les éclaircissement qu'ils m'ont apporté !

Bonne journée !
respectueusement
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Re: Hestia [déesse grecque]

Message par Fennec le Sam 2 Mar 2013 - 17:36

J'étais loin de douter qu'il y'avait une différence entre Vesta et Hestia! Merci Lya pour cet article, je me coucherais moins bête! pouce
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Re: Hestia [déesse grecque]

Message par Lya le Dim 3 Mar 2013 - 19:34

Ce fut un plaisir Wink

Il faut encore que je développe certains aspects, c'est une déesse très riche donc je ferai probablement quelques ajouts au fil de mes recherches.

Bien à vous.


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Re: Hestia [déesse grecque]

Message par Ushiro le Dim 3 Mar 2013 - 22:07

Très intéressant comme dossier
Merci beaucoup Smile
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Re: Hestia [déesse grecque]

Message par Cochanté le Dim 3 Mar 2013 - 22:26

Merci beaucoup Lya. Moi non plus je ne connaissais pas cette déesse. Très intéressant effectivement.
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Re: Hestia [déesse grecque]

Message par jgaron le Mar 5 Mar 2013 - 3:27

Wow, très intéressant comme dossier. J'ai toujours eu un intérêt pour la mythologie grec. De plus, J'ignorais que cette déesse existait.
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Re: Hestia [déesse grecque]

Message par Alruna le Jeu 7 Mar 2013 - 17:40

Merci pour le partage de tes connaissances
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Re: Hestia [déesse grecque]

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